Contrefaçon : après le luxe, le livre (Sean Ganann)
« Nous allons aller à la bataille à notre tour, avec certains de nos confrères ! » déclarait Antoine Gallimard, président de Gallimard et du Syndicat national de l'édition, au printemps 2010. C'est désormais chose faite puisque Gallimard, Flammarion et Albin Michel assignent Google à comparaitre pour contrefaçon devant le Tribunal de grande instance de Paris. 9,8 millions d'euros de dommage et intérêts sont réclamés par les trois grandes maisons d'édition françaises.
En cause, l'opération de numérisation de près de 10 000 ouvrages qu'effectue l'ogre de Mountain View dans le cadre du projet Google Books. Projet décidément synonyme de bien des péripéties judicaires.
Déjà condamné pour contrefaçon par la même tribunal en décembre 2009 au dépens des éditions La Martinière, le dernier déboire judiciaire en date pour Google date à peine de quelques mois. Le juge fédéral de New-York avait rejeté le réglement amiable entre la firme qui ne se limite désormais plus au moteur de recherche - cette activité est même en recul outre-atlantique - et les auteurs et éditeurs américains.
A noter que Google, qui a d'ores et déjà numérisé près de 12 millions de livres depuis le début du projet, ne suscite pas une levée de bouclier unanime au sein du monde français de l'édition. Hachette Livre a par exemple établit à l'automne 2010 les conditions de numérisation de ses ouvrages épuisés par le géant américain.
Google : après la bibliothèque, la librairie
Google numérisera les ouvrages épuisés de Hachette Livre