« L’immatériel est aujourd’hui le facteur clédu succès des économies développées » peut-on lire dans le rapport L’Économie de l’immatériel : la croissance de demain remis le 4 décembre 2006 au ministre de l’Économie et des Finances. Ce constat estrepris tel un leitmotiv par la quinzième édition de l’ex-Forum de la Geide et première mouture du Forum des acteurs du numérique suite à son association avec le salon Éditique-Documents à la demande.
où va-t-on?
Mais, quel sens donner à cette fusion? Mariage d’amour ou mariage de raison ? Matérialisation d’une tendance forte dans le monde du document numérique ou rapprochement purement commercial, comme pour l’AIIM (1) en 2002 ? « Concrètement, l’occasion s’est présentée lors du changement d’opérateur du Forum. Ce rapprochement naturel s’est concrétisé par la proposition de la société Etai, nouvellement propriétaire du salon Éditique », explique Jimmy Barens, président de l’Aproged, avant de compléter : « Néanmoins, ce rapprochement avec le monde de l’éditique est une chose naturelle, accompagnant notre désir d’avoir l’approche la plus complète possible, de la dématérialisation notamment : le terme Ged désigne bien plus de domaines qu’ily a cinq ans ».
suivre le mouvement
L’exemple de la facture électronique est significatif de ce décloisonnement. Prise en charge par le secteur de l’éditique, il s’agit stricto sensu de gestion électronique de document mettant en oeuvre des processus d’archivagei électronique. Ce rapprochement semble donc obéir à une dynamique perceptible. « L’évolution d’un Ricoh ou d’un Xerox, issus du monde du papier et ayant développé des départements global services, c’est-à-dire des départements d’ingénierie documentaire, est significative », ajoute Jimmy Barens. Au-delà de la logique métier, ce super salon répond à un besoin exprimé par les visiteurs, précise Florence Mourre, de la société Etai et co-organisatrice du Forum :« Salons et événements sur ces thèmes se multiplient. Notre idée était de se mettre à la place du visiteur et lui permettre de rencontrer la bonne personne rapidement et aisément ». Et de poursuivre, soulignant les effets bénéfiques induits sur les exposants : « De fait, certains très grands acteurs du marché, tels Microsoft, Oracle et HP, nous ont rejoints pour la première fois ». Les nouveautés du Forum ne concernent pas que ses dimensions et son périmètre, son contenu également se voit enrichi. Fruit d’un travail de réflexion mené entre autre par l’Aproged, un cycle de conférences très complet ainsi qu’une série de débats stratégiques consacrés à l’économie de l’immatériel [voir encadré] accompagnent les ateliers des exposants, permettant aux éditeurs de s’approprier les thèmes du forum.
un rendez-vous prospectif et pratique
« Plus qu’un simple salon, le Forum des acteurs du numérique s’annonce comme le rendez-vous prospectif et pratique du document numérique », résume Florence Mourre. Ce double aspect, réflexif et pratique, est fermement revendiqué par les organisateurs, ainsi que l’expose Jimmy Barens : « À travers ce panaché, nous voulions proposer un équilibre à nos visiteurs. Chaque événement présente une proportion de prospectif et de cas client. On retrouve ce mix dans la proportion Ged et Éditique présente dans chaque événement ».
publications simultanées
Le premier Forum des acteurs du numérique est également le cadre d’un certain nombre de publications associées. Outre l’étude SerdaLab Les acteurs du document et du flux numérique en France : Le marché et les tendances en 2007, un livre blanc fruit d’une réflexion commune de l’Aproged, du Cigref (2) et de l’Apil (3), consacré à la gestion des documents non-structurés– mails, fichiers bureautiques et autres, constituant 80% des flux documentaires en entreprise – sera disponible sur le forum. De même, l’Aproged, la Dae (4) et la DGME (5) y proposeront une série de guides pratiques consacrés au cycle de vie du document.
dans un monde virtuel
Last but not least, le forum sera en même temps au Palais des congrès et... sur Second Life. « Il s’agit donc d’un salon matériel et immatériel et c’est une première! », s’enthousiasme Jimmy Barens ; « les congrès intégralement Second Life ne sont pas inédits, mais associer ainsi réel et virtuel, c’est du jamais vu pour un événement de ce genre ». Les débats se poursuivront en ligne et par avatars interposés à la sortie des conférences. Le Forum des acteurs du numérique semble promis à un brillant avenir, d’autant que les perspectives futures ne manquent pas, ainsi que nous le confie le président de l’Aproged : « Notre objectif,pour les éditions à venir, est d’élargir le spectre du forum à d’autres parties et d’autres aspects du cycle de vie du document pour, à terme, en couvrir l’intégralité ».
des exposants et des conférences : visite guidée
Échanges conceptuels et réflexifs, les débats stratégiques sont consacrés cette année à l’économie de l’immatériel et plus précisément à la place en son sein de la création de richesse (mardi 9 à 11h), de l’emploi (mercredi 10 à 11h) et de l’entreprise (mercredi 10 à 16h). Au nombre de six, les conférences thématiques sont représentatives de l’étendue du périmètre du Forum :
Point sur les technologies et solutions d’impression numérique et de dématérialisation, impact du numérique sur les politiques internationales dedéveloppement durable (mardi 9 à 13h30)
Le management des flux d’informationi et la traçabilité de l’information (mardi 9 à 15h30)
Documents à la demande dans les entreprises : obstacles et solutions (mardi 9 à 17h)
Les supports alternatifs au papier et à l’e-maili dans la relation client (mercredi 10 à 9h30)
De la Mise sous pli à la Mise sous papier (mercredi 10 à 13h30)
La gestion de l’information non structurée :Transformer l’information en connaissance utile pour l’entreprise : un enjeu pour le DSIi (mercredi10 à 14h45).
Côté exposants, ils sont plus de 150 à être attendus cette année, parmi lesquels les principaux éditeurs. Certains d’entre eux interviennent dans le cadre de cinq événements associés. Trois se tiennent le mardi 9 :
Le groupe La Poste avec l’externalisationi et les solutions documentaires intégrées (10h-12h)
L’ADBS et la diversité des approches en gestionde contenu (14h-18h)
Extream Software avec l’éditique et la relationclient (14h-18h).
Et deux le mercredi 10 :
La FNTC et le rôle des tiers de confiancei dans le cycle de vie du document (9h30-12h30)
Oracle et le content management au service de votre patrimoinei applicatif (9h-12h).
Enfin, d’autres exposants animent, tout au long des deux journées, des ateliers consacrés à la démonstration de leurs nouveautés ainsi qu’à la présentation de cas clients.
Découvrez le compte-rendu de la première journée sur le Forum : actualités des exposants, conférences, débats et ateliers
(1) AIIM : Association for information and image management.Cette association américaine de gestion de contenud’entreprise propose chaque année un salon de renomméemondiale. En janvier 2002, la société AdvanstarCommunication acquérait le AIIM show. Elle organisedepuis la manifestation en même temps que On demandprinting and publishing, qu’elle possédait par ailleurs. www.aiim.org
(2) Club informatique des grandes entreprises françaises. Ilregroupe plus de cent très grandes entreprises et organismesfrançais et européens de tous les secteurs d’activité et a pourmission de promouvoir l’usage des systèmes d’informationcomme facteur de création de valeur et source d’innovationpour l’entreprise.
(3) Association des professionnels des industries de lalangue. Elle a pour mission de représenter l’ensemble desprofessionnels des industries de la langue et de les aider àdévelopper leur activité et leur savoir-faire au niveau nationalet international. Elle fédère les actions coopératives desindustries de la langue en jouant un rôle de communication,promotion, veillei et formation.
(4) Délégation aux entreprises, structure du CNRS.
(5) Direction générale de la modernisation de l’État, structuredu ministère de l’Économie, des Finances et del’Industrie.