La dernière édition des rencontres de l’Inist a consacré ses réflexions à deux thèmes binomes porteurs d’évolutions importantes pour les professionnels de l’information scientifique et technique : archives institutionnelles et archives ouvertes, puis veille scientifique et veille stratégique. Ces quatrièmes rencontres, avec près de quatre cents participants, ont poursuivi le mouvement d’ouverture à d’autres organismes de recherche engagé l’an dernier. Ainsi, l’IRD (Institut de recherche pour le développement), l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), le CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) y ont participé. Les débats de la première journée ont porté sur le positionnement des différents établissements publics de recherche face aux archives ouvertes. Une préoccupation commune à tous les intervenants a émergé : il est nécessaire de créer une collaboration nouvelle et étroite entre chercheurs et documentalistes. Les bénéfices se traduiraient en termes de valorisation des activités de recherche et de développement, puis en montée en puissance de la communication directe.
l’avenir de la recherche scientifique passe par des archives ouvertes

| R. Duval, président de l’Inist :« les réseaux des professionnels affichent un notable dynamisme » |
Le logiciel Hal, proposé par le Centre pour la communication scientifique directe, préfigure ce que peut être une archive ouverte réussie. Dans un contexte de communication scientifique directe, le mouvement international de ce type d’archives offre de nouvelles voies pour les échanges entre chercheurs. Créé en 2001, Hal est un serveur centralisé et interconnecté avec des bases de données internationales, dont Arxiv, regroupant l’ensemble des disciplines scientifiques. Les chercheurs sont invités à déposer leurs travaux en archive ouverte. Ceci ouvre la possibilité d’acquérir une plus grande visibilité internationale et de générer des commentaires. Après une vérification sommaire d’ordre scientifique, le dépôt est accessible généralement sous vingt-quatre heures. Audelà de la recherche d’articles, Hal permet l’extraction de listes de publication par auteur, par laboratoire, par institution sous différents formats – PDF, XML, HTML, Office. Les archives institutionnelles, quant à elles, semblent devenir une préoccupation partagée par un nombre croissant de responsables de centres de documentation. Elles visent plusieurs objectifs : outil de mémoire et de gouvernance, visibilité, collaboration avec d’autres entités… Certains intervenants ont estimé qu’elles pourraient faire l’objet d’une obligation légale afin d’assurer leur pérennité. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) s’est d’ailleurs récemment déclarée en faveur d’une telle initiative. Le cadre juridique et la sécurité du dépôt ont également été abordés.