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Après avoir été coordinateur du Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale, Jean-Philippe Accart dirige actuellement le service de recherche de la Bibliothèque nationale de Suisse à Berne. Titulaire du CAFB et d’un DEA en sciences de l’information, il a mené de front une carrière d’enseignant, de chargé de projet et de consultant en management de l’information.

Jean-Philippe Accart

« incroyablement, nous réalisons ce qui n'était qu'un projet il y a quelques années »

bruno texier
archimag - dec 2006 / janv 2007


Archimag. Que vous inspire la reconnaissance desprofessionnels de l'infodoc ?

Jean-Philippe Accart. Cette reconnaissance me touche car elle prouve que ce que j'ai pu faire, écrire ou proposer dans le cadre du métier leur est utile. C'est ce qui m'importe le plus : que mon expérience professionnelle puisse servir à d'autres, qu'ils puissent s'inspirer des meilleures pratiques en cours, meilleures dans le sens où plusieurs pratiques sont mises en concurrence. Il est souvent utile de pouvoir demander conseil, de savoir que quelqu'un peut répondre à une attente, à une demande. J'ai créé mon site professionnel dans cet objectif etgrâce à lui je reste en contact permanent avec d'autres documentalistes, étudiants ou enseignants. Les professionnels me connaissent surtout par mes écrits, ouvrages et articles, les conférences et les formations, mon rôle à l'ADBS (Association desprofessionnels de l’information et de la documentation) ou l'Ifla (International Federation of Library Associations andInstitutions). J’accomplis tout cela parce que j'aime profondément mon métier de documentaliste, les professionnels le savent.

Quelles évolutions vous ont-elles le plus marqué ces dernièresannées ?

Il serait rébarbatif et long de citer les changements intervenus dans notre métier. Je suis particulièrement frappé par l'avancée technologique. En dix ans, elle est considérable, elle touche de près notre vie privée et professionnelle, et ce n'est pas fini. Voir se réaliser ce qui n'était qu'un vague projet il y a quelques années est assez incroyable. Un autre fait marquant est l'afflux continuel d'informations que nous recevons, le développement des moteurs de recherche. Cela pose un sérieux problème à notre métier. Mais la profession a les moyens de réagir et de s'adapter, de proposer des solutions.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’infodoc ?

Question difficile… Je vois comme très positif le volet formation de la profession. Ayant enseigné plusieurs années à l'IUT de Grenoble, à l'Enssib ou à Genève, j'admire l'investissement de certains étudiants et des enseignants qui adaptent de manière constante leurs cours aux évolutions du métier. De même, dans les bibliothèques, dans les services de documentation et dans les archives, de nombreux professionnels réfléchissent aux évolutions de leurs services et produits en fonction des attentes de leurs utilisateurs. La profession, dans son ensemble, n'est pas à côté de ce qui se passe, elle est dedans. Les perspectives se recentrent au niveau de la formation et del'adaptation au changement. Le métier reste ouvert, la diversification des tâches est en cours, le numérique demande beaucoupde nos compétences. Il ne faut donc pas laisser échapper ces possibilités.

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