étude du marché IEPde nombreux défis à releverEn 2005, les acteurs du marché de l’information électronique professionnelle (IEP) affichent une croissance plutôt molle, même si les résultats sont contrastés suivant les secteurs d’information et les acteurs. C’est ce que révèle la nouvelle étude, intitulée « L’information électronique professionnelle en France : le marché et les tendances », réalisée par Serda-Archimag, en collaboration avec le GFII (groupement français de l'industrie de l'information).
Le marché de l’information numérique professionnelle en France enregistre une croissance de 3,7 % et atteint un chiffre d’affaires de 1,33 milliard d’euros en 2005. Croissance plutôt molle au regard des facteurs relativement favorables entourant ce marché. La très grande majorité des PME, jusque-là en retard, est aujourd’hui connectée sur la toile. Le taux d’accès à internet dans les entreprises européennes de dix salariés ou plus atteint 91 % (chiffre eurostat) et son point de saturation. La fréquence d’utilisation d’internet augmente et selon une enquête BNP Paribas pour 2005-2006, la recherche d’informations professionnelles sur le web est effectuée dans 98 % des entreprises. Le tout numérique tend à devenir la norme, sans compter que l’arrivée de la jeune génération, allaitée au numérique et au mobile, risque de bouleverser les pratiques dans le monde du travail. Ces jeunes ne jurent que par la messagerie instantanée, l’e-mail semble déjà pour eux un moyen de communication ringard. intermédiation en criseIl n’en existe pas moins des points noirs pour le marché. Les éditeurs et agrégateurs sont directement impactés par la crise de l’intermédiation documentaire (voir étude Les Horizons de l'infodoc). Pierre-Henri Chaix, directeur du département presse de l’agrégateur EDD, explique : « Notre société s’adressait autrefois principalement aux documentalistes pour leur recherche documentaire ; elle réalise aujourd’hui la majorité de son chiffre d’affaires sur les panoramas de presse, auprès des professionnels de la communication et du marketing ». Par ailleurs, les achats d’information sont de plus en plus mutualisés pour répondre à une demande de rationalisation des coûts, renforçant le pouvoir de négociation des acheteurs. Selon notre enquête, plus de 42 % des professionnels de l’information-documentation interrogés achètent leurs ressources électroniques, via un consortium. poursuite des fusions et acquisitionsRassemblant une centaine d’acteurs hétérogènes, de part leur nationalité et leur taille, le secteur a poursuivi sa vague de fusions et acquisitions, guidée par les volontés de concentration sur le courde métier ou d’élargissement de ses marchés. Dans le secteur de l’information financière, la plate-forme de diffusion de communiqués d’entreprises, Companynews, ex-filiale de l’AFP et de Finintel, a été absorbée par la bourse paneuropéenne Euronext en mars 2006. Jeune société créée en 1999, Optima On Line, spécialisée dans l’information pour les PME, a été rachetée par Altares, du groupe Fininfo, en juin 2006. Cette acquisition est en cohérence avec la projet d’Altares de se développer sur le marché des PME. Et les autres segments d’information ne sont pas en reste. tendances 2006Une autre acquisition intéressante : celle de Datops, éditeur de solutions de veille avancée par Lexisnexis, agrégateur de contenus. Cet achat montre la volonté des acteurs de l’IEP d'incorporer l’aval de la chaîne documentaire dans leurs compétences et d’apporter le maximum de valeur ajoutée à l’information fournie. Cette stratégie d’intégration verticale va permettre à Lexisnexis de maîtriser la valeur ajoutée apportée à ses clients. Cet achat reflète un des défis futurs des acteurs du marché : réaliser des investissements rentables dans des technologies de valorisation de contenu, tout en proposant une tarification acceptable pour les consommateurs. L’enjeu est de contrecarrer l’offre d’informations gratuite. La toute puissance de Google, qui détient 88 % de part de marché en France et multiplie ses services, se rapprochant de plus en plus des produits de certains acteurs – le dernier en date Google Patent Search, spécialisé dans la recherche de brevets déposés – pourraient bientôt inquiéter le marchési le moteur de recherche états-unien améliorait sa technologie. Un autre défi majeur pour les acteurs consistera à franchir le pas du web 2.0, en personnalisant les contenus et en améliorant l’interactivité avec leurs lecteurs. Les initiatives dans ce sens ont été jusqu’à présent très timides.
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