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le nouveau web change la donne

le document plus près des métiers

jean-pierre cahier
archimag - juin 2007

Le web 2.0 représente un faisceau de tendances techniques et sociales, nouvelles pratiques éditoriales, folksonomies, applications hypercoopératives, avec une conséquence commune : intégrer plus finement les documents dans l’activité des nombreux professionnels des différents domaines. En prise directe sur de nouveaux usages, pour les acteurs qui créent et utilisent ces documents dans leurs métiers.


Beaucoup d’avis concordent pour considérer que le web 2.0, c’est tout simplement le web, à ceci près que la désinence 2.0 marque l’entrée en usage effective de certaines idées fortes, déjà centrales et constitutives de l’esprit du web dès de sa naissance il y a quinze ans : utilisabilité accrue des interfaces depuis un simple navigateur ; symbiose entre l’affirmation individuelle et l’intelligence collective ; nouveaux circuits permettant aux très petits acteurs et aux utilisateurs en bout de chaîne, contributeurs et clients finaux, de se faire connaître et de faire valoir leur point de vue ; synergie entre les approches organisationnelles top-down et bottom-up, etc.
En particulier, concernant le document, le web a toujours véhiculé activement une vision ouverte, multimédia et hypercoopérative, la même que le web 2.0 rend désormais tangible, même aux plus sceptiques. Le web n’est-il pas avant tout une toile sociale ? De ce point de vue, songeons à tout ce qui s’est passé, très tôt, autour de la musique où des annuaires de sites. « Bien avant que l’on parle de web 2.0 et du succès de Wikipédia, rappelle Christophe Lejeune, sociologue à l’université de Liège (Belgique), l’annuaire Open Directory Project était un projet précurseur ayant déjà réussi, dès 1998, à rassembler des milliers d’usagers non informaticiens contribuant à rédiger collectivement des contenus ». Comme pour le web 2.0, il s’agissait déjà d’une initiative faisant appel à un niveau massif de coopération, pour les contenus comme pour la sémantique ; des millions de pages, des centaines de milliers de thèmes ont rapidement été co-construits. Aujourd’hui encore, ce projet continue comme « projet d’annuaire ouvert dont la production est mobilisée aussi bien parles usagers eux-mêmes que par les services web de géants de l’industrie, Google en tête ». Comment définir mieux le web 2.0 qu’en le resituant ainsi dans cette genèse globale d’internet, en y incluant aussi tout l’apport dû aux acteurs économiques ? Le e-commerce en particulier a joué tout au long de ce processus un rôle majeur : les modèles hypercoopératifs en jeu doivent beaucoup à l’essor des places de marché en ligne et du e-catalogage participatif, à eBay et à Amazon entre autres. L’utopie initiale du web, en symbiose avec le mouvement du logiciel libre, s’est aussi nourrie d’innovations portées par ces acteurs puissants – Netscape, Yahoo, Amazon, Google. Elle inclut l’idée que les utilisateurs peuvent profiter d’un web vecteur de modèles sociaux, sémantiques et économiques en perpétuel perfectionnement. Collaborateurs autour du document au lieu de simples consommateurs relayant passivement l’information et les métadonnées, ils rendent le document informatif, commercial, communautaire et encyclopédique.

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