publicité

Accueil Archimag > magazines > Archimag n°209 > e-administration


DR

rencontres Inop 2007

l’e-administration locale avance en ordre dispersé

bruno texier
archimag - novembre 2007

Les quatrièmes rencontres de l’Inop confirment la situation contrastée des collectivités locales en matière de technologies de l’information.


À quelques mois des élections municipales, le thème de la modernisation des services publics locaux a toutes les chances de s’inviter dans les débats. On ne compte plus les mairies ou les conseils généraux qui ont misé sur le haut débit pour proposer des nouveaux services aux usagers : visio-conférence pour les villages les plus enclavés, portails internet municipaux, administration électronique, services numériques à vocation sociale, etc.
Paul Guédon, fondateur et commissaire des rencontres organisées par Innovations politiques et administration électronique (Inop), nuance l’engouement : « Autant le reconnaître, les collectivités, les ministères pionniers ne doivent pas cacher la forêt des organisations plus attentistes et souvent démunies devant l’ampleur de la tâche ». C’est bien une situation contrastée qui prévaut. Quel rapport entre la très branchée Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et un village de l’Ardèche dont l’équipement informatique est réduit à sa plus simple expression ? La quatrième édition des Rencontres Inop aura permis de rendre compte de cette disparité. Paris fait figure de privilégiée, avec une direction dédiée aux systèmes et aux technologies de l’information récemment créée. Jean-Paul Brandela, délégué général à la modernisation de la Ville de Paris, énumère l’impact de la décision :

  • Remise à niveau du parc logiciel.
  • Nouveau schéma directeur informatique.
  • Mise en place de projets stratégiques transversaux.

Autant de bouleversements nécessaires pour mener à bien un projet d’administration électronique digne de la capitale. Selon une étude réalisée par Ineum Consulting auprès des directeurs des systèmes d’information, seul un tiers des collectivités élabore un schéma de développement de l’administration électronique. La moitié d’entre elles lance des programmes d’administration électronique sans planification. Une faille que les Rencontres de l’Inop cherchent à combler en privilégiant les retours d’expérience et le partage d’informations.


DR

téléguichets

La migration vers l’administration électronique n’est cependant pas réservée aux grandes villes. Plusieurs expériences de téléguichet ont été menées dans des départements ruraux et peuvent d’ores et déjà servir de référence. Le pays de Murat, regroupant treize communes du Cantal, a inauguré en septembre 2005 une Maison des services dotée d’outils d’information et de communication peu fréquents dans la région : salle multimédia, borne internet et salle de visio-conférence offrant aux habitants un contact avec les agents de l’ANPE, de l’Unedic et de la Caisse primaire d’assurance-maladie. Un peu plus à l’Ouest, la communauté de communes Cère et Dordogne, 8 823 habitants, a installé des téléguichets. Les demandeurs d’emploi qui ne peuvent se déplacer peuvent entrer en contact avec l’agence ANPE située à plusieurs dizaines de kilomètres. Pour les habitants qui ne seraient pas familiers des environnements numériques, un animateur se propose de leur venir en aide. Car, toutes les expériences le montrent, l’accompagnement est essentiel pour que les habitants s’approprient les écrans tactiles et les webcams, en particulier lorsqu’il s’agit d’un public rural ou de personnes en situation sociale précaire.

ne pas déshumaniser

Même son de cloche en Normandie, où l’initiative Manche numérique a pour ambition « d’éviter la fracture numérique particulièrement préjudiciable aux zones rurales ». Des visiorelais y ont été installés dès 1999 afin de faciliter les échanges entre la population et divers organismes tels l’EDF, La Poste ou l’Urssaf. Philippe le Grand, directeur de Manche numérique précise :« Il ne faut pas déshumaniser ce type de services car certains publics sont totalement étrangers aux technologies de l’information ».

l’e-administration à ses débuts

Les organismes publics se montrent également favorables aux visioguichets. L’ANPE a lancé un appel d’offres afin de déployer à l’échelle nationale ce type de services. Une façon de s’engager, sous forme de partenariat avec les collectivités locales, dans une modernisation des services publics. Lors de la table ronde de clôture des rencontres Inop 2007, Marc Meyer de la direction générale de lamodernisation de l’État (DGME), a rappelé à quel point l’administration électronique n’en était qu’à ses débuts et qu’elle était encore loin de bénéficier à toutle territoire français. Grâce à la DGME, l’État dispose d’un levier susceptible de prolonger les initiatives  lancées par le plan Adèle d’administration électronique: archivage électronique, déclaration d’impôts par internet, numérisation des actes authentiques, etc. Un objectif allant bien au-delà des six ans de la mandature municipale.

 

le rendez-vous de l'innovation et des collectivités locales

En quelques années, les rencontres de l’Inop (Innovations politiques et administration électronique) sont devenues le rendez-vousde l’innovation pour les collectivités locales. Organisées à Nantes chaque mois de septembre, elles rassemblent des élus, des prestataires, des éditeurs et des associations assurant des missions de service public. Ces rencontres visent plusieurs objectifs : dresser un état des lieux des mutations en cours, partager des pratiques grâce à des retours d’expérience provenant des collectivités locales et territoriales, découvrir les outils technologiques, échanger sur les enjeux des technologies de l’information. L’édition 2007 s’est déroulée les 11 et 12 septembre derniers et a consacré ses travaux au thème suivant : 2008-2013, quelles mutations pour les services publics locaux ?

 

 

    Envoyer &agrave un ami