Lors d’un atelier tenu dans le cadre du Salon i-Expo au mois de juin dernier, plusieurs observateurs se sont interrogés sur la nouvelle génération de systèmes d’information documentaire. Leurs réflexions portaient sur les évolutions récentes dans le domaine du web et leur impact sur les systèmes intégrés de gestion de bibliothèque (SIGB). Caroline Wiegandt ,directrice de la médiathèque de la Cité des sciences et del’industrie à Paris et trésorière de l’Association des professionnels de l’information et de la documentation, y avait procédé à quelques rappels : les premiers SIGB sont apparus dans les années 1970 et n’ont depuis jamais cessé d’innover. C’est ainsi que des modules fenêtrés et multitâches ont permis l’intégration de fonctions auparavant séparées ; les années 1990 ont vu l’émergence d’applications liées au développement du web. Aujourd’hui, il semble bien que les ressources numériques constituent un « point de rupture », selon l’expression de Caroline Wiegandt. En effet, les collections numériques, les abonnements électroniques et autres cédéroms ont progressivement enrichi les fonds documentaires gérés par les médiathèques.
dérive cosmétique
Mais il ne faudrait pas pour autant oublier les missions premières du SIGB. Didier Pied, directeur commercial de Décalog, met les pieds dans le plat : « Nous assistons à une dérive vers l’aspect cosmétique des SIGB, au détriment de leurs fonctionnalités. C’est le cas des SIGB utilisant les couvertures numérisées de livre proposées par Amazon. Tout cela est très beau, mais que se passera-t-il lorsque ces images deviendront payantes. Depuis deux ou trois ans, une tendance est apparue, elle consiste à jeter les catalogues aux orties... pour ne pas dire les SIGB eux-mêmes ! L’un des problèmes des interfaces esthétiques, c’est qu’elles ne respectent pas toujours la charte W3C censée assurer l’accessibilité à l’information. Il est devenu très difficile pour les éditeurs de convaincre les bibliothèques d’acquérir un SIGB sobre et pertinent plutôt qu’un SIGB esthétique, mais aux fonctions limitées ».