Support de transmission et de construction d’un héritage, le document patrimonial obéit à deux types de finalités, culturelles et pédagogiques. Comme le constate Odile Quesnel, directrice de la communication chez Ever Ezida, « le terme de document patrimonial désigne, de façon pragmatique, une réalité allant des registres d’état civil aux plans cadastraux napoléoniens, en passant par les livres anciens ». Néanmoins, c’est au travers du processus de numérisation que le document patrimonial trouve sa spécificité et se différencie clairement. Rendu sous forme de fichier image – et non de données intégrées aux SI –, souvent lié par indexation à une base de données, traité soigneusement entre gants blancs et hygrométrie contrôlée, « un document patrimonial se définit à partir de sa numérisation, généralement manuelle et avec scanners spécifiques, résume Christian Chabrier, dirigeant d’Arkhênum, c ’est lui qui nous impose ses règles ». De façon générale, les documents patrimoniaux, et plus précisément les archives historiques, fragiles et précieuses, sont numérisées à des fins de préservation. Ce n’est que par la suite, et en rendant la consultation attractive grâce à une interface web, que l’on s’aperçoit de l’attrait éventuel de nombreux publics. De fait, alors que le couplage des prestations de dématérialisation, d’archivage et d’hébergement est monnaie courante dans le domaine de la numérisation de masse,« la numérisation de documents rares et anciens est dissociée de l’archivage et de l’hébergement », estime Laurent Le Foll, vice-président d’Ever.
avis d'expert « La cible et l’objectif sont clairs, mais la mise en oeuvre est pleine de pièges et de périls ». Pour Caroline Buscal, consultante senior en archivage et dématérialisation chez Serda, tout projet de numérisation, de valorisation et d’archivage de documents patrimoniaux requiert une grande rigueur méthodologique, à commencer par une solide analyse du fonds existant. Par exemple, dans l’optique de l’ouverture du nouveau bâtiment des Archives nationales, à Pierrefitte-sur-Seine, et de la commémoration de l’armistice de 1918, Arkhênum a été mandaté pour participer au grand chantier de traitement des 200 000 pages d’époque répertoriant les morts pour la France. Cette externalisation consiste précisément en la présence in situ et durant dix-huit mois de quatre archivistes pour préparer le fonds, puis le numériser.
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