de l'archivage au records managementgisement de métiers hybridesbruno texier
archimag - avril 2008 Le records management vers lequel tend l’archivage exige de nouvelles compétences. L’offre formation suit cette évolution pour répondre aux besoins des employeurs.
Si la majorité des archivistes exerce dans la fonction publique, les meilleurs salaires se trouvent dans le secteur privé. Un débutant travaillant au sein de la fonction publique ou territoriale est rémunéré entre 1 300 et 1 600 euros brut par mois, alors que le secteur privé propose une rémunération comprise entre 2000 et 2300 euros brut, en fonction de la taille de l’entreprise et des responsabilités exercées. Mais, selon l’Association des archivistes français (AAF), les perspectives d’emploi sont plus nombreuses dans le secteur public que dans le privé… Par ailleurs, le mouvement croissant d’externalisation dans le domaine archivistique représente des opportunités de recrutement pour les jeunes diplômés ou les archivistes déjà en poste. Les sites internet des prestataires en archivage proposent régulièrement des offres d’emploi aux archivistes ainsi qu’aux consultants. Ces derniers sont en charge de concevoir et piloter la mise en oeuvre de prestations chez des clients désireux d’externaliser la fonction archive. Autre évolution à suivre de près, le records management continue son développement en particulier dans les grandes entreprises. Apparue au début des années 1990, cette fonction issue des archives vise davantage un objectif de traçabilité et de preuve que l’archive stricto sensu qui remplit, elle, des objectifs patrimoniaux et historiques. L’accroissement des contraintes légales et l’obligation faite aux entreprises de produire à tout moment un document interne crée de nouveaux besoins, donc de nouveaux emplois.
grandes écoles et universitésDu côté des formations, deux voies sont proposées aux étudiants : celle des grandes écoles avec l’École nationale des chartes qui forme en trois ans des conservateurs-archivistes-paléographes. L’admission se fait généralement à l’issue d’une classe préparatoire de deux ans et d’un redoutable concours qui comprend, entre autres, une composition française, des versions et thèmes de latin sans dictionnaire, des épreuves d’histoire contemporaine et de géographie historique… Peu d’admis parmi les candidats, une vingtaine tout au plus ! Les élèves recrutés bénéficient du statut de fonctionnaire stagiaire et sont rémunérés. Autre école, l’Institut national du patrimoine est ouvert aux élèves titulaires d’un bac + 3 et forme des conservateurs en trois ans. Les universités proposent des formations de deuxième et troisième cycles – licences pro et master pro. Certaines universités misent sur un enseignement tourné vers le records management afin de répondre à une demande croissante de la part des entreprises. Par exemple, celle d’Angers a conçu avec la société Serda le premier diplôme universitaire de conduite de projet en documentation, archives et records management.
ne vous refusez pas un regard jeune et optimiste
Aux étudiants qui se posent des questions sur leur avenir, Adeline Bertrand pourrait leur apporter une réponse plutôt enthousiaste. Cette jeune documentaliste de 22 ans est du genre optimiste. Titulaire d’un DUT en documentation d’entreprise (IUT de Tours) et d’une licence professionnelle en management de l’information, elle travaille actuellement au sein des Banques populaires Val-de-France : « J’ai probablement été embauchée parce que je suis jeune diplômée et parce que je ne suis pas bridée par l’expérience. L’employeur était à la recherche de quelqu’un capable d’apporter un regard neuf et extérieur. Les jeunes diplômés peuvent apporter une nouvelle vision du métier : c’est leur atout. Et c’est bien pour la mixité entre documentalistes expérimentés et nouveaux venus… ». Le parcours d’Adeline Bertrand pourrait ressembler à celui de nombreux documentalistes ; en recherche d’emploi pendant neuf mois après les études – « c’est dans la moyenne » –, elle a passé de nombreux entretiens d’embauche avant de décrocher son poste. Son regard sur la formation qu’elle a suivie est plutôt bienveillant :« Ma formation correspond aux demandes des entreprises en ce qui concerne les fondamentaux du métier : gestion de base de données, panoramas de presse, synthèses… Les études étaient orientées gestion de projet et de nombreux intervenants extérieurs apportaient une vision professionnelle ». Tout juste regrette-t-elle le manque d’intérêt des entreprises pour le management de l’information. Pour les sensibiliser, Adeline Bertrand n’hésite pas à « faire jouer les réseaux » et à leur faire comprendre concrètement les bénéfices qu’elles peuvent tirer d’une information bien gérée. Cette Tourangelle d’adoption se dit « fan des Tic et baignant dans la diffusion de l’information ». Un profil technophile que l’on trouve de plus en plus souvent parmi les jeunes professionnels du management de l’information. Cette proximité avec les réseaux sociaux et la blogosphère constitue probablement un avantage pour Adeline Bertrand qui, après son embauche au mois de janvier dernier, déclarait : « Je pars vers de nouveaux horizons… ». |


