Dominique Vallée, présidente du GFII« notre i-Expo 2008 va être une édition exceptionnelle »archimag - avril 2008
Archimag. Le GFII est un des premiers observateurs de l’information électronique professionnelle. Où en est ce marché aujourd’hui ? Dominique Vallée. Il semblerait que le marché de l’information électronique professionnelle (IEP) ait connu une forte hausse en 2006 par rapport à 2005. L’étude annuelle que lui consacre SerdaLab pour le GFII est sur le point d’être publiée ; nous sommes dans l’attente de ses résultats définitifs. Le marché de l’IEP est en constant mouvement, ses segments évoluent, de nouveaux segments émergent : cela ne facilite pas les comparaisons d’une année sur l’autre. Une tendance certaine concerne la percée des moteurs de recherche. Elle se double de la satisfaction d’y voir une offre française forte, de quoi réjouir Alain Juillet, haut responsable chargé de l’intelligence économique au secrétariat général de la Défense nationale, qui souhaitait le développement d’une offre française sur les outils de recherche et de veille. Mais ne risque-t-on pas de tomber dans l’excès inverse avec trop d’éditeurs de moteurs de recherche ? Depuis environ trois ans, nous sommes dans une phase où de nouveaux acteurs émergent dans ce segment, tandis que d’autres se consolident. Laissons-leur d’abord le temps de s’installer, d’autant que certains, par exemple Exalead, Sinequa, Ami Software, Digimind, parviennent même à conquérir des parts de marché à l’international. PSI Alliance, association européenne, vient d’être créée pour la valorisation des données publiques; le GFII s’y implique-t-il ? Les données publiques restent un secteur de l’IEP en croissance, grâce à des organismes comme l’Institut national de la propriété industrielle, l’Insee, la direction des Journaux Officiels ou les chambres de commerce et d’industrie. Depuis longtemps, la diffusion des données publiques fait l’objet d’un groupe de travail du GFII avec, à l’instar de tous les autres groupes, la volonté de faire dialoguer opérateurs privés et publics. Il agit auprès des pouvoirs publics, de la même manière que souhaite le faire PSI Alliance au niveau européen. Nous avons été informés de la création de cette association qui, à notre différence, ne souhaite pas en son sein de partenaires publics. Cette orientation ne correspond pas à la nôtre et, pour l’heure, nous avons choisi de nous positionner entant qu’observateurs. Et parallèlement, nous continuons de dialoguer avec l’Union européenne, en rencontrant par exemple bientôt Javier Hernandez-Ros, chef de l’unité bibliothèques numériques et information du secteur public, à la Commission européenne. Au niveau national, nous travaillons en étroite collaboration avec la Cada et l’Apie (Commission d’accès aux documents administratifs ; Agence du patrimoine immatériel de l’État). Éric Besson est depuis peu le secrétaired’État de l’Économie numérique. Est-il l’interlocuteur que vous attendiez ? Depuis longtemps, nous appelions de nos voeux la nomination du côté de l’État d’un interlocuteur pour le secteur de l’industrie de l’information. Ce qui nous préoccupe est bien sûr le développement de l’économie numérique sans le secteur professionnel, or les choix politiques s’adressent principalement au grand public. Éric Besson dépend du Premier ministre, ce qui permet un équilibre entre les ministères avec lesquels nous travaillons– Recherche, Économie, Culture… Le GFII est organisateur d’i-Expo qui se tient fin mai. Comment s’annonce cette édition ? Exceptionnelle à plus d’un titre! Ce sera d’abord la vingt-cinquième édition de ce salon des professionnels de l’information. Fêter l’événement s’impose. Une soirée de prestige avec les exposants aura lieu le 28 mai au musée du Conservatoire national des arts et métiers. L’ADBS, Association des professionnels de l’information et de la documentation, se joindra à nous, ce dont je me réjouis. La remise des prix i-Expo aura lieu ce soir-là . L’autre événement est que 2008 réunit quatre salons en un. Aux côtés du i-Expo que nous connaissons et pour lequel soixante-dix exposants ont déjà réservé, se joignent Online, consacré à l’internet grand-public et au webmarketing, KM Forum, sur le knowledge management et l’intelligence collective, et i-Médias, sur les relations presse et les médias.Un salon ne peut pas progresser en restant sur son pré carré. Je suis certaine que ce nouveau périmètre intéressera les visiteurs. Il correspond à l’évolution du marché de l’information professionnelle avec des services intégrant de plus en plus une dimension collaborative et des outils de veille qui, au-delà du public des professionnels de l’information et des veilleurs, intéressent les dirigeants au sein des entreprises, comme par exemple les directions de la communication ou des relations presse, attentives à l’e-réputation de leur groupe. Quels seront les thèmes majeurs des conférences ? Il y aura cinq grands thèmes stratégiques : les médias et le foisonnement des sources numériques, les réseaux de connaissance, la veille et l’intelligence territoriales, l’image de marque et l’e-réputation, et, enfin, l’e-book, vu sous l’angle des usages et des modèles économiques. À cela, il faut ajouter la session internationale sur la diffusion de la science à l’ère du numérique. Ces thématiques trouveront des éclairages complémentaires avec des ateliers, riches en retours d’expérience. En 2007, le GFII a organisé sa première université d’été. Une deuxième est-elle prévue ? Absolument, le succès de la première université d’été nous pousse à continuer. Elle s’était tenue en septembre dernier, sur le campus d’HEC, à Jouy-en-Josas. Pour nous, créer un événement spécifique pour nos membres est important. Ce type de réunion profite de la présence de participants de haut niveau et permet des échanges dans un cercle restreint. C’est un véritable lieu de discussion prospective sur le marché de l’IEP. Nous organisons aussi des journées d’étude, récemment sur les brevets, prochainement sur l’information juridique et sur l’information de presse. Grâce à ces activités, relayées par notre site web, l’association maintient son nombre d’adhérents, les diminutions dues en particulier à des mouvements de fusion étant compensées par l’arrivée de nouveaux comme Elsevier, Intellixir, KB Intelligence ou Le Moniteur. Nous sommes une centaine aujourd’hui. De nouveaux groupes de travail se sont formés, quel est leur objet ? Les deux groupes les plus récemment ouverts ont trait à la valorisation de l’information des collectivités et à l’open access. Ce dernier regroupe des éditeurs privés et des organismes de recherche et s’est engagé dans une phase d’échange d’informations. À l’heure où se développent des initiatives dans le monde de la recherche pour développer l’open access et les archives ouvertes, le but de ce groupe est de faire émerger des scénarios, des principes d’accord entre les deux partis. Un autre groupe déjà existant est en train d’évoluer : c’est le groupe de travail sur l’image ; jusqu’à présent s’intéressait à l’image fixe. Il vient d’étendre son champ à l’image animée, qui prend de plus en plus d’ampleur. L’Institut national de l’audiovisuel et le Forum des images participent activement à ce groupe. |


