La France, une nation presque numérique… C’est le constat peu amène que The Economist dressait récemment à propos de la capacité de notre pays à utiliser les technologies de l’information pour développer son économie et le bien-être de ses habitants. Un jugement qu’ Eric Besson s’est chargé de démentir lors du lancement des Assises du numérique qui s’est déroulé le 29 mai dernier à l’université de Paris-Dauphine. Le secrétaire d’Etat chargé du développement de l’économie numérique a proposé « 27 pistes visant à placer la France à la pointe de l’industrie mondiale du numérique ». Pour ce faire, 90 ateliers seront organisés dans toute la France jusqu’au 31 juillet, date à laquelle Eric Besson remettra ses propositions au président de la République. Ces ateliers seront ouverts à tous et un site collaboratif permet d’ores-et-déjà à chacun de contribuer aux débats.
Les 27 pistes de travail sont déclinés en quatre grands pôles : les réseaux, les contenus, les usages, la gouvernance. Les réseaux constituent les infrastructures de l’économie numérique : il a donc été décidé de favoriser l’accès au haut débit, de développer la technologie de la fibre optique et d’accroître le taux d’équipement des Français en ordinateurs via des aides à l’achat et à la formation.
Diversifier les usages
Du côté des contenus, Eric Besson a annoncé la création d’un répertoire national des œuvres destiné à assurer le principe du droit d’auteur. La notion de contenus est d’ailleurs très large puisqu’elle regroupe aussi bien l’université numérique que le télétravail ou le e-commerce.
« Diversifier les usages » au-delà des internautes les plus assidus est le maître-mot de ce plan numérique : les écoliers, les étudiants, les consommateurs, les séniors ne doivent pas rester à l’écart du mouvement. Un effort sera donc engagé pour familiariser tous les publics aux environnements numériques de travail (ENT).
Autant de bonnes résolutions qui doivent permettre à la France se combler son retard –relatif- parmi les nations numériques. Un chiffre suffit à se convaincre des efforts à fournir : la part de l’économie numérique dans la production française n’est que de 6 % contre 13 % aux Etats-Unis et 17 % en Corée du Sud…
Mais ces assises n’ont pas convaincu tout le monde. Deux députés de l’opposition présents dans l’amphithéâtre de Paris-Dauphine, Patrick Bloche et Christian Paul, ont critiqué le flou qui entoure qui entoure la participation financière de l’Etat à ce plan. M. Bloche, député-maire PS de Paris, a regretté « l’absence de stratégie à la mesure des défis ».
Europeana
Invitée de ces premières assises du numérique, Viviane Reding, commissaire européenne en charge de la société de l’information, a repris à son compte la faiblesse des investissements français dans l’économie numérique. Par contraste, elle a souligné à quel point l’Europe devait être le fer de lance des sociétés numériques dans le monde. Viviane Reding en a profité pour annoncer que le lancement de la bibliothèque numérique européenne, Europeana, aurait lieu au mois de novembre prochain : « ce défi a été gagné en moins de trois ans ! » s’est-elle félicitée. La commissaire européenne a par ailleurs indiqué la mise en place de l’interopérabilité entre les différents formats d’archives européens.