publicité
Accueil Archimag > magazines > Archimag n°216 > la vidéo, un contenu encore sans solution dédiée

la vidéo, un contenu encore sans solution dédiée

patrick brébion
archimag - juillet/août 2008

Sur les intranets comme sur le web, la vidéo se banalise. Avec des contraintes à la clé. Pour autoriser plus de quelques utilisateurs à regarder simultanément les mêmes images, le recours à des spécialistes du streaming s’impose.

« les solutions d’ECM n’intègrent pas d’outils dédiés à la vidéo », énonce Stéfane Fermigier, président de Nuxeo, éditeur de gestion de contenu open source. Avis moins tranché chez Ever, éditeur propriétaire d ans le même domaine.Selon, Ziad Wakim, son directeur consulting: « D’un point de vue technique, lavidéo pose deux problématiques, l’archivage et la diffusion. Pour supporter ce type de fichier, notre plate-forme logicielle inclut un module dédié, Service Rich Media pour la vidéo et pour le son ». Une chose est certaine : la question est d’actualité au vu de la banalisation de l’usage de la vidéo sur intranet comme sur les portails grand-public.
Il y a peu, la demande émanait encore majoritairement du monde universitaire et des écoles spécialement pour mettre des cours en ligne. « Depuis deux ans,des groupes importants utilisent la vidéo comme support de communication pour les voeux de la direction, par exemple, constate Ziad Wakim ; en dehors des services de communication, la demande émerge également dans l’industrie ». Beaucoup plus visible, des sites grand public banalisent ces usages. TV5.org propose autour de 1,8 million de vidéos. Plusieurs possibilités de diffusion sont disponibles, « vidéo à la demande [VOD, video on demand] pour les documentaires ou fictions commercialisés, accès gratuit en streaming, non téléchargeable, pour les journaux d’information », décrit Hélène Zemmour, responsable de production du site.

indexation classique

Pour répondre à toutes ces demandes, la quasi totalité des logiciels de gestion de contenu ou de gestion de contenu web n’incluent pas à ce jour de possibilités spécifiques pour la vidéo – fonctions d’édition, de manipulation, etc. « Il demeure nécessaire de passer par des logiciels comme Final Cut Pro pour travailler es séquences d’une vidéo », illustre Stéfane Fermigier. Et ce, contrairement aux fonctions présentes dans les outils d’ECM ou de CMS dédiées aux photos, par exemple pour les retoucher ou générer des vignettes. Même absence de fonctions d’indexation et de recherche propres à la vidéo, « par exemple, pour alerter dès l’apparition de Ben Laden sur une chaîne du Moyen Orient », ajoute Stéfane Fermigier.Ces manques n’empêchent pas la prise en charge de vidéos dans les applications. Ainsi, Ever utilise des outils externes pour couper la vidéo en séquences.Plus globalement, les logiciels de gestion de contenu, open source ou non, prennent en charge les vidéos comme les formats de fichiers plus classiques, texte ou image. De façon automatique ou manuelle, des métadonnées sont ajoutées et les fichiers vidéo suivent exactement les mêmes circuits que leurs homologues sonores ou textuels. Chez TV5.org, chaque fichier vidéo est étiqueté (taggé) à partir d’un corpus de mots-clés. Un poste a été créé pour cette fonction. Sur ce site d’information francophone, les vidéos sont d’abord classées par rapport aux trois grandes bases, géographique, par personnalité et par thématique. À partir d’une liste contrôlée, des mots-clés sont ajoutés à chaque fichier. « Environ trois mille vidéos ont été indexées dans la partie du site dédiée à la télévision en ligne, soit les journaux télévisés », précise Hélène Zemmour.

encodage et diffusion, missions pour spécialistes

Intégrer des vidéos suppose dans un premier temps de les numériser dans un format adapté. Le choix se fait entre Mpeg, Windows Media, Quicktime, Real ou Flash. Lorsque les images ont été prises par des professionnels, le format de départ est en général Digital Video. L’étape de numérisation est souvent confiée à des spécialistes pour garantir une bonne qualité et assurer la livraison rapide de gros volumes de données. Quelques spécialistes, comme View on TV et Streamedia, proposent des prestations de ce type. Cette étape de conversion porte sur d’autres types de flux, notamment les flux Mpeg émis par satellites, par voie hertzienne ou par câble correspondant aux journaux télévisés. Pour TV5.org, « Viewo TV se charge de l’encodage presque en temps réel. Les émissions sont mises en ligne sur le site 30 minutes après leur diffusion, parfois avant », explique Hélène Zemmour.Se pose ensuite la question de la diffusion sur internet.  La solution la plus simple, la VOD, consiste à mettre à disposition le fichier assorti d’un lien vers le lecteur adapté au format ou de la jouer pour un internaute. Ce dernier téléchargera le fichier vidéo et le visionnera avec le player ad hoc – Windows Media, Quicktime, Flash ou Real, entre autres.
Ce mode de diffusion produit plusieurs conséquences. D’une part, l’internaute attendra que le fichier soit téléchargé, au moins en partie, avant de le visionner. Il en disposera ensuite pour une durée indéterminée, ce qui peut poser des problèmes de droits d’auteur. De plus, dès que l’on dépasse deux ou trois visionnages simultanés, le système atteint ses limites techniques en termes de temps de réponse et rapidité de transfert. Une autre solution doit être envisagée. L’alternative consiste à diffuser les vidéos de la même façon que la télévision. Appelée streaming multicast, cette fonction permet à un grand nombre d’internautes de consulter un même fichier à la fois.De plus, les données ne restent pas sur le poste de l’utilisateur. En complément de ce choix, les vidéos peuvent être dupliquées, stockées et diffusées à partir de serveurs répartis partout dans le monde. Ceci permet de réduire encore le temps d’attente et de ne pas pénaliser les spectateurs plus éloignés. Signalons que pour se positionner comme une alternative au streaming, Adobe a développé un protocole maison autorisant plusieurs utilisateurs à télécharger le même fichier Flash en même temps sans passer par une plate-forme de streaming, le Real Time Messaging Protocol (RTMP). Sur le terrain, les sites font appel à des experts du streaming.
TV5.org renvoie toutes ses vidéos à Akamai, société spécialisée disposant d’un réseau de milliers de serveurs à travers le monde. La duplication des images sur ce réseau couplée à des serveurs de streaming assurent des accès presque instantanés aux images.Même si la question est moins sensible sur les intranets, quand ces derniers incluent de la vidéo, ils passent parfois aussi par des serveurs de streaming ; par exemple avec le logiciel open source Helix Server.
En résumé, même si elles sont peu présentes dans les logiciels de gestion de contenu, les réponses techniques à la diffusionde la vidéo existent.


DR - interface de la solution de gestion de contenu vidéo à l’AFP - cliquez pour agrandir

retour d'expérience

à l’AFP, la vidéo complète le texte

L’Agence France presse fournit ses dépêches à des centaines de clients. Elles ne se limitent pas au texte. Une fois écrite, chaque dépêche est d’abord classée par thème, puis enrichie individuellement par des photos,infographies, vidéos, animations, etc. « Cet enrichissement se fait dans chacun de nos bureaux locaux », précise Daniel Oudet, responsable du groupe ingénierie pour l’agence. Pour faciliter le travail des journalisteschargés de cette tâche, l’agence s’est dotée d’une application. En production depuis août 2007, une douzaine de journalistes dans le bureau parisien l’utilisent, pour environ 50 dans tous les bureaux de l’agence.

50 vidéos par jour

L’application choisie répond à une double problématique. Assurer une composition des dépêches quasiment en temps réel – « nous sommes en bouclage permanent », souligne en souriant Daniel Oudet –et agréger tous les formats de données, notamment les vidéos. Environ 50 vidéos arrivent tous les jours. Un partenaire externe prend en charge la conversion de ces images, à l’origine au format Digital Vidéo (DV), en Windows Media, Flash ou Quicktime au gré du client. Cette étape passée, les vidéos deviennent des ressources comme les autres. Le journaliste recherche les thèmes qui l’intéressent à partir de catégories ou par mot-clé. Il intègre sa sélection par simple glisser-déposer. Une fonction de prévisualisation lui permet de vérifier le résultat. Une fois validées, les dépêches, vidéos incluses, sont envoyées sur un serveur chargé de composer les bouquets correspondant aux abonnements des clients. Ces bouquets sont ensuite envoyés sur un serveur FTP « en HTML ou en News ML, précise Daniel Oudet. Les vidéos sont disponibles en VOD. Nous ne prenons pas en charge le streaming ».Pour rappel, le News ML est un standard XML, compris par les serveurs logiciels, qui intègre une cinquantaine de métadonnées spécifiques. Par exemple, un tag est prévu pour le crédit photo.
Un standard égalementrespecté par les grandes agences de presse, notamment AP et Reuters.

    Envoyer &agrave un ami
 

Flux RSS IT : Ajouter à Netvibes - Ajouter à Google

<

Flux RSS Métier : Ajouter à Netvibes - Ajouter à Google

<

Flux RSS livres blancs : Ajouter à Netvibes - Ajouter à Google

<

Flux RSS derniere minute : Ajouter à Netvibes - Ajouter à Google

<