actualitéscongrès international des archives à Kuala Lumpurarchimag - septembre 2008
l'image scientifique et ses contraintesL’image est vecteur de connaissance scientifique et mérite, comme le texte, un traitement pour sa gestion et sa diffusion. Les rencontres des professionnels de l’information scientifique et technique, organisées par l'Inist à Nancy les 16, 17 et 18 juin derniers, ont particulièrement insisté sur ce thème. Se posent aux documentalistes iconographes des problèmes particuliers d'indexation et de droit. Ils peuvent recourir, comme les y a encouragé Claire Lissalde, de l'Inserm, aux standards techniques d'échange de données développés par le consortium International press telecommunications council (IPTC). Cependant, le choix des descripteurspour les images scientifiques ne peut s'opérer qu'avec le concours des chercheurs : impossible pour un non scientifique face à une image de neurone de décrire à quel stade d'évolution il se trouve ! préserver la paternitéÀ côté de la technique, la question du droit a été largement abordée par Christian Sauvan-Magnet, spécialiste en gestion de l’image et consultant Serda. Devant l'arsenal juridique qui nous entoure, il va jusqu'à se demander s'il est encore possible d’utiliser et de diffuser une photo en France sans risquer une convocation au tribunal. Il a alerté aussi les laboratoires et les chercheurs sur la question de la paternité de leurs images qu'ils doivent préventivement s'attacher à préserver. Si les outils d'indexation sémantique de l'image progressent, comme le décrit Christian Fluhr, directeur scientifique de Newphenix, société rejet du Commissariat à l'énergie atomique, tout ne sera pas à attendre d'eux.
un livreTransfert des savoirsLa France se convertit progressivement aux enjeux des actifs immatériels : bases de données, brevets, licences, marques, savoir faire…Ce livre s’inscrit dans ce mouvement de sensibilisation et part d’un constat : les départs massifs à la retraite, les restructurations et la mobilité professionnelle bouleversent le monde du travail. Google remporte la bibliothèque municipale de Lyon...en attendant mieuxLa ville de Lyon vient d’attribuer à Google la numérisation et la mise en ligne du fonds ancien de la bibliothèque municipale.Au terme d’un appel d’offres lancé en 2007, Google procédera à la numérisation de 500 000 ouvrages antérieurs au XXe siècle et libres de droit. Les frais techniques resteront à la charge de l’entreprise californienne qui devra numériser ce fonds ancien dans un site situé dans la région lyonnaise. La bibliothèque municipale de Lyon détient le plus important fonds ancien après celui de la Bibliothèque nationale de France. Les internautes pourront accéder au fonds numérisé soit par le site de la BM de Lyon, soit par le programme Google de recherche de livres. le point de vue de Bruno Texier : droit d'auteur et Google« L’attribution du marché de la numérisation du fonds ancien de la BM de Lyon à Google apparaît à certains comme le prologue à une vaste offensive en France. Google ne fait pas mystère de s’implanter durablement sur le marché de la numérisation patrimoniale et de sa mise en ligne sur son programme de recherche de livres. Si ce projet de numérisation ne porte que sur des ouvrages tombés dans le domaine public, les intentions de Google sont entachées par les procès pour non respect de droit d’auteur intentés en 2006 par le groupe La Martinière et le Syndicat national de l’édition. A-t-il retenu la leçon ? Ses dirigeants ont accepté que les livres numérisés soient accessibles sur son moteur de recherche mais également sur le site de la BM de Lyon ».
les Assises du livre numériqueLe monde de l’édition n’en finit pas de s’interroger sur son avenir. Les Assises du livre numérique, tenues le 8 juillet à Paris, ont accueilli plus de 400 personnes et donné l’occasion à Serge Eyrolles, président du Syndicat national de l’édition, de faire connaître le besoin de régulation exprimé par les éditeurs face aux opérateurs. Ces derniers sont en effet soupçonnés de vouloir démanteler le droit de la propriété intellectuelle et imposer leurs conditions tarifaires aux maisons d’édition. Éric Besson, secrétaire d’État chargé du développement de l’économie numérique, aura peut-être rassuré l’auditoire en rappelant son attachement au droit de la propriété intellectuelle. Optimiste, il estime que le livre numérique peut être un complément du livre traditionnel plutôt qu’un concurrent. lobbyingUne semaine après la présentation officielle de son Rapport sur le livre numérique, Bruno Patino a, lui aussi, défendu un principe : « La propriété intellectuelle doit être la clé de voûte de la dématérialisation du livre ». Mais la défense de ce droit ne suffit pas au président du site Lemonde.fr et de Télérama ; il prône par ailleurs l’organisation d’un lobbying des éditeurs face à « ceux qui détiennent le droit d’accès et la technologie », c’est-à -dire les opérateurs. Les deux secteurs ne boxant pas dans la même catégorie, Bruno Patino a demandé aux pouvoirs publics de préserver les intérêts des éditeurs. Côté technologie, Michael Dahan, cofondateur du livre électronique Bookeen, estime que la prochaine génération d’écran sera souple, incassable et en couleurs. Ces nouveaux écrans devraient être commercialisés à l’horizon 2010. 100 lecteurs testent les e-booksDunod, Flammarion, Hachette, M21 Éditions, Plon, Ramsay et Solar pour l’édition, Les Échos, Le Monde, L'Équipe, Le Parisien, Le Figaro et L'AFP pour la presse se sont associés au lancement par SFR de son e-book communicant. Une centaine d’abonnés SFR testera le téléchargement par le réseau 3G et via la technologie sans fil Bluetooth et la lecture sur un écran de la taille d’un livre de poche pendant quelques mois. Un système de DRM (digital rights management) garantit les droits d’auteur.
un moteurCuilBaptisé Cuil, un nouveau moteur de recherche web se lance dans la recherche du succès. Les résultats sont classés par catégories et l’ordre d’apparition dépend non de la popularité mais du contenu de chaque page. Plus de 120 milliards de pages indexées. gestion de contenu open-sourceAlfresco lance le logiciel libre Alfresco Labs 3, une version qui prend la succession de la V2 d’Alfresco Community. Principale nouveauté, cette version peut servir de référentiel dans un environnement complètement sous Microsoft Sharepoint. le format PDF certifié IsoLa ratification du PDF avait été annoncée en décembre 2007. Depuis le mois de juillet, la version 1.7 du Portable Document Format, abondamment utilisée sur internet, est devenue officiellement une norme internationale certifiée par l'Iso (Organisation internationale de normalisation) sous la référence Iso32000-1:2008. Microsoft aussiOpenXML, le standard bureautique de Microsoft va être certifié Iso. Pour rappel,ce format bureautique inclus dans la suite Office 2007 rentre en concurrence frontale avec Opendocument, son équivalent dans la suite Openoffice déjà Iso. Un standard open source poussé par IBM et Sun comme par la communauté libre. La motivation de cette double norme est simple : Microsoft voit de plus en plus souvent la solution bureautique libre sélectionnée à ses dépens, entre autre grâce à cette certification Iso.
un livreLes archives privéesEn l’espace de quelques décennies, la notion d’archives privées a été élargie à de nombreux domaines. Comme le rappelle Martine de Boisdeffre, directrice des Archives de France,« des efforts ont été engagés afin de sauvegarder des archives des partis et des hommes politiques, les archives religieuses, les archives économiques et financières, les archives d’architectes, les archives syndicales et associatives ». Cet ouvrage passe en revue les procédures d’acquisition et de gestion des fonds archivistiques privés à la lumière de leur statut juridique. Conçu comme un vademecum, il accompagnera les archivistes dans leurs démarches professionnelles – tri, classement, encodage… – et administratives, avec des modèles de demande de subventions, par exemple. des SIGB enfin libres et comparésLe monde des bibliothèques assiste à l'émergence des SIGB open source, considérés comme une alternative viable face aux SIGB propriétaires. Néanmoins, l'absence d'outils et de critères permettant aux décideurs de les évaluer se fait sentir : les doutes concernant leur pérennité et leur efficience demeurent. Une étude comparative des SIGB libres, dévoilée à l'occasion du premier congrès mondial de l'AIFBD et réalisée par Tristan Müller, bibliothécaire québécois et responsable de l'Observatoire des technologies libres, met un terme à cette carence. L’étude suit une rigoureuse méthodologie : la liste quasi exhaustive des SIGB libres disponibles subit un premier écrémage, consistant à écarter les solutions n’étant pas stricto sensu des SIGB. Puis la douzaine de produits retenus est passée au crible de l'évaluation de leur communauté. Les cinq SIGB sélectionnés ainsi – Koha, Evergreen, PMB, Newgenlib et Gnuteca – voient ensuite leurs fonctionnalités évaluées au travers de huit modules – administration, catalogage, accès au public, circulation… – regroupant près de huit cents besoins standards de bibliothèques. Le tiercé gagnant est constitué de Koha, avec une communauté de qualité –, Evergreen, encore jeune et sans de modules de gestion des acquisitions et des périodiques, puis PMB, se démarquant par l'orientation web 2.0 donnée à bon nombre de ses fonctionnalités. L'étude est disponible en ligne. les archives de la Nasa en ligneAccessible à tous, un nouveau portail de la Nasa inclut près de 144 000 photos et vidéos auparavant réparties dans plus de 20 sites et collections. Pour ce faire, l’agence spatiale a collaboré avec Internet Archive, une association non lucrative initialement créée dans le but d’archiver le web. L’association prend en charge la gestion et l’hébergement des données. À terme, la Nasa compte mettre en ligne la majeure partie de ses fonds, soit des millions d’images spatiales, et ajouter des outils web 2.0. inventaire des archives électoralesLes archivistes du Centre d’études de la vie politique française (Cevipof-SciencesPo) viennent de mettre en ligne l’inventaire des archives électorales françaises. Cetinventaire couvre sept décennies d’élections du niveau local au niveau européen(1936-2008) et renvoie à un fonds particulièrement riche : affiches, tracts, professions de foi, statistiques… Cet inventaire est consultable par internet ou dans les locaux du centre de documentation du Cevipof. photos d’archives de Toulouse sur FlickrCet été, la bibliothèque de Toulouse a mis en ligne quelques centaines de photos sur le site Flickr, détenu par Yahoo. Une première en Europe après la même démarche de la bibliothèque du Congrès américain. Datant du début du XXe siècle, la collection d’images numérisées concerne les Pyrénées.
un livreLes nouveaux territoires de l'intelligence économiqueEn quelques mois, l’intelligence économique a accédé à un statut médiatique dont elle se serait bien passée. Considérée comme une activité barbouzarde où grouillent officines et charlatans, l’IE est confrontée à un sérieux problème d’image. Cet ouvrage collectif prend le contre-pied de cette doxa en vogue et rappelle que « l’information est devenue la matière première de toutes stratégies ». Idée force des auteurs, l’intelligence économique peut être déclinée au droit, à la finance, au sport ou à la culture. Ces « nouveaux territoires » doivent en effet affronter des défis liés à la mondialisation : concurrence exacerbée, émergence de nouveaux acteurs, campagnes de déstabilisation… Les sept auteurs proposent d’analyser en quoi tous les secteurs de la vie économique sont concernés par les pratiques d’intelligence économique et font appel à des exemples concrets pour illustrer leur thèse. .banque, .archive, .boisson... ça arrive !Association non lucrative chargée de l’attribution des noms de domaines de premier niveau sur internet, l’Icann (Internet corporation for assigned names and numbers) a donné son feu vert à la libéralisation des extensions en juin dernier. « Il sera possible dans un proche avenir de créer des .banque, des .archive ou encore des .boisson », illustre Loïc Damilaville, adjoint au directeur général de l’Afnic. Autre limite écartée, si les noms de domaines étaient jusqu’à présent admis dans tous les alphabets, cyrillique ou chinois, les extensions se devaient de rester en .com. Quelques gardes fous demeurent, notamment une liste de mots intentatoires impossibles à utiliser. Pour l’attribution de ces sésames, l’Icann a opté pour un système d’enchères. Dans le souci affiché de ne sélectionner que les demandeurs les plus crédibles, Paul Twomey, le directeur général de l’organisation a fixé la mise de départ du dépôt des dossiers des demandes à environ 100 000 dollars. Les dernières semaines ont vu les conclusions d’un rapport commandé par l’Icann allaient dans le sens de ce modèle. Une libéralisation qui demeure liée au poids des bureaux d’enregistrement dans cette organisation. Ces derniers « cherchent à développer leurs marchés et contribuent beaucoup aux ressources financières de l’Icann », rappelle Loïc Damilaville. du libre pour le nouvel intranet de l'hôpital Saint-Joseph de ParisL’hôpital Saint-Joseph à Paris vient de se doter d'un intranet entièrement opensource. Définitivement déployé en automne, ce portail composé en outre d'une Ged et d'un moteur de workflow, suscite d'ores et déjà l'enthousiasme des utilisateurs. Coût et indépendance vis-à -vis d'un éditeur en particulier ont fait la décision en faveur du CMS (content management system) libre Joomla, reposant sur un serveur web apache et une base MySQL. Permettant un accès modéré aux quelque 2 200 employés du centre hospitalier et surtout la gestion d'une documentation dématérialisée, Saint-Joseph se donne avec son intranet les moyens de relever le défi du DMP (dossier médical personnalisé). l'avenir de l'édition scientifique et techniqueLe monde de l’édition scientifique et technique est, lui aussi, touché par la déferlante numérique. Les formats électroniques d’édition et les readers risquent de faire bouger les lignes dans un secteur qui s’interroge sur les défis qui l’attendent. Une étude menée à la demande du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche propose des pistes de réflexion que les éditeurs seraient bien inspirés de lire. L’auteur, Bernard Prost, estime que « l’édition va passer d’une culture de comptage d’unités produites et vendues à une culture d’audience ». Ce changement de paradigme n’a pas fini de bouleverser les modèles économiques, juridiques, logistiques et éditoriaux. |



Parmi les actualités de l’été, il n’y avait pas que les jeux olympiques. Une autre grande manifestation se déroule tous les quatre ans sur le même principe que les JO : l’organisation de cette 16e édition du Congrès international des archives a été confiée à la Malaisie. Près de 1 200 archivistes sont venus au pied des tours Petronas pour suivre les nombreuses sessions. Le titre retenu pour ces journées était« Archives, gouvernance et développement: bâtir la société du futur ».



