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créer et animer son réseau de veille
pascal frion archimag - septembre 2008
La prise en charge d’un réseau de veille tient au respect de nombreux aspects organisationnels, sociaux et humains. Mode d’emploi détaillé à partir des six points clé.
Le travail en réseau est une réponse pragmatique à la sur-information ambiante. Nous ne pouvons plus veiller sur tous les sujets qui nous intéressent, à ressources constantes. Il n’est pas question de recruter des armées de veilleurs dans les entreprises dites petites et moyennes. L’informatique n’est pas la réponse non plus. Nous devons nous associer à d’autres personnes et organismes, en réseau. Nous devons choisir notre interdépendance vis-à -vis de nos amis, plutôt que de ne pas choisir notre dépendance de fait, vis-à -vis des accès à l’information habituels. En France, la notion de réseau semble relativement mal perçue en comparaison avec d’autres cultures. Le réseau est hélas fréquemment considéré comme un palliatif à une organisation parfaite, quand ce n’est pas connoté d’une image de passe-droit occulte et inavouable. En Asie, le réseau est une sorte d’évidence non individualiste. Quant à la vision du réseau en Amérique du Sud, être membre d’un réseau est perçu comme prestigieux et ouvre des portes pour des collaborations. Levons une fois de plus une idée reçue sur les réseaux. Il y a souvent confusion entre trois concepts :
- Des systèmes d’information ; des individus échangent sans pouvoir coercitif des uns envers les autres.
- Des organisations hiérarchiques ; l’information doit être obligatoirement transmise à cause d’une relation hiérarchique.
- Des systèmes informatiques ; des machines computent et échangent entre elles.
Il nous revient de remettre l’individu au coeur de la démarche d’intelligence économique et de veille, plutôt que les outils informatiques. La première étape doit identifier les raisons principales pour créer et intégrer un réseau.
1. un réseau : pour faire quoi ?
- Faire face à la complexité.
- Être plus fort à plusieurs ; peut-on encore exister quand on est seul en intelligence économique et veille ?
- Obtenir de l’information – s’abonner.
- Obtenir des informations informelles qui ne s’écrivent pas et qui ne laissent pas de trace de la question posée.
- Faciliter les relations, les échanges, la communication, avoir plaisir à travailler en connivence, améliorer la communication dans une entreprise – l’organisation ne réussissant pas à faire remonter l’information en structure arborescente.
- Limiter le caractère institutionnel des relations de travail, vivre le transversal et le transdiciplinaire.
- Réduire les coûts de redondance liés auchacun-pour-soi.
- Répartir la compétence et réduire lerisque de disparition d’une personne, construire du capital social, organiser la gouvernance.
- Surveiller collectivement le périmètre d’un territoire – un continent, un sujet, etc.
- Savoir ce que fait l’autre – et qu’y a-t-il de mieux pour savoir ce que fait l’autre, que de le faire avec lui ?
2. aspects humains
- À l’époque d’internet, la dématérialisation des relations sociales augmente. Certaines personnes s’accommodent de relations électroniques, causées par la distance physique et les frais de déplacement. Il en demeure préférable d’organiser des rencontres physiques de temps à autre. Négliger le côté sympathique, voire festif, d’un réseau risque d’user la relation par manque d’attrait.
- Nombreux membres ne s’expriment pas publiquement, sans toutefois se désintéresser des activités du réseau. L’animateur doit entretenir à la fois des relations collectives et transparentes et des relations individuelles et confidentielles. Les membres doivent le faire entre eux également.
- La notion un peu enfantine de « si je ne sais pas je demande et si je sais, je donne » doit être dépassée, car nous nous situons dans un réseau professionnel, au coeur de la convoitise, des jeux de pouvoir et des jeux de personnes.
- Les membres du réseau se rassemblent autour d’une cause, autour un projet et aussi autour d’une personne. Cette personne devient, parfois malgré elle, une référence pour les membres du réseau s’identifiant en partie à elle. Il y a davantage de bons réseaux que de bons animateurs de réseaux.
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