«Découvrir que le dirigeant d’un partenaire technologique est aussi administrateur d’une entreprise concurrente. Et ce, grâce à un logiciel de cartographie », se félicite Laurent Baleydier, PDG de Kartoo, l’un des spécialistes du domaine. « Il est plus aisé d’accéder à la donnée recherchée à partir d’éléments graphiques qu’à partir de listes ou tableaux ».
« Identifier en coup d’oeil la version d’un modèle de voiture qui génère le plus de réclamations et zoomer sur le détail de ces dernières », illustre de son côté Mathieu Balsarini directeur général de 4D Concept, un intégrateur d’applications documentaires et de systèmes éditoriaux.
Voilà quelques exemples d’utilisation de cette technologie émergente, la cartographie d’information. Elle permet de naviguer dans tous les types d’information à travers des éléments graphiques en lieu et place de listes, de tableaux ou autres moyens plus classiques. À côté des applications géographiques de ces technologies, se développent des outils dédiés au traitement d’informations textuelles. Les outils prennent en charge deux principales fonctions. D’abord la création de liens entre ces différents éléments, le plus souvent textuels à ce jour, pour les positionner les uns par rapport aux autres, puis leur affichage à travers des éléments graphiques. Dirigeant de Pikko, un des spécialistes français du secteur, Christophe Douy pondère :« La visualisation n’est qu’une facette de projets qui ont globalement pour but de faciliter l’accès à l’information ».
utilisation marginale à ce jour
Sur le terrain, les outils de cartographie d’information trouvent timidement leur place dans quelques types d’applications. « Sur les intranets de nos clients, notre logiciel Kvisu récupère les cent premiers résultats ramenés par le moteur de recherche de Google, Search Appliance, et facilite la navigation entre ces différents résultats », explique Laurent Baleydier. Il s’agit par exemple de faciliter la lisibilité des liens existants entre des dirigeants et des entreprises. « Le même dirigeant peut siéger à plusieurs conseils d’administration. Le logiciel permet de visualiser, de zoomer et d’identifier ces liens plus rapidement qu’avec une approche classique », illustre Laurent Baleydier, qui travaille, entre autres, pour l’Onera et Essilor. Outre les intranets, ces outils se sont également adaptés aux logiciels de veille. Christophe Douy de Pikko décrit :« Nos premiers projets ont concerné les départements d’intelligence économique d’industriels comme Air Liquide ou Schneider ». Les logiciels s’adaptent à d’autres secteurs d’activité. Pour naviguer dans les rapports techniques d’analyse de trafic télécom ou dans les variations des cours boursiers, des éditeurs ont développé des solutions métiers. Plus marginal, une autre déclinaison a pour but de faciliter l’affichage et le partage d’idées dans le contexte d’équipes de recherche et développement. Dédié à la recherche sur les futures techniques collaboratives, le projet européen Laboranova utilise ce type d’outils. Des logiciels comme Mindmapper facilite la mise en place de liens entre concepts et la navigation entre ces derniers.