un réseau documentaire pour le développement durable et solidairearchimag - octobre 2008 Ritimo, tête de pont d’un réseau associatif, met à disposition sur le web un vaste fonds documentaire consacré à la solidarité internationale et au développement durable. Plongée dans un univers altermondialiste et solidaire où les problématiques documentaires s’additionnent aux problématiques associatives.
aux armes, citoyens documentalistes!Myriam Merlant, jeune responsable communication et publications de l’association en résume ainsi les enjeux : « Dans l’océan informationnel actuel, quelle est la bonne information pour mon projet solidaire ? ». Avec les armes de l’information et de la documentation, Ritimo s’engage dans la lutte pour un monde plus responsable et moins inégalitaire. Documentaires, ces armes fonctionnent en deux temps : la production et la diffusion. La première étape est prise en charge, à leur initiative, par les soixante-dix centres physiques constituant le réseau à travers la France. Ils rédigent articles et conçoivent dossiers documentaires. S’ensuit une validation par une commission composée, outre quelques permanents de l’association, de représentants des centres élus lors d’une des deux assemblées générales annuelles. Le label Ritimo ainsi qu’une dotation financière sont alors attribués le cas échéant. « Sur D-p-h.info, le contenu ne suit pas la même génèse, explique Érika Campelo, chargée de mission DPH ; les articles y sont faits sur commande. Par exemple, en ce moment, et en vue de la préparation de la conférence internationale sur l’eau qui se tient prochainement à Istanbul, un professeur de l’université de Tunis a été chargé de rédiger un dossier ». Au final, s’ajoutent aux articles, dossiers thématiques et à la base de périodiques de Rinoceros.org, quatre grandes bases de données – bibliographique, jeunesse, d’outils pédagogiques ainsi qu’un répertoire national des acteurs du domaine – consultables sur Ritimo.org.
réflexion et compétencesC’est là qu’interviennent les trois documentalistes à temps plein de l’association. « C’est loin d’être leur seule activité, mais elles élaborent et administrent le thésaurus de Ritimo, indique Myriam Merlant ; thésaurus dont sont issus les mots-clés associés à chaque article ». Permettant une recherche documentaire aisée et pertinente, ce système de mots clés,« mis à jour à chaque AG, l’atelier le plus important y est consacré », ne constitue pas le seul effort, loin s’en faut,de valorisation de l’information. Élaboration d’une aide en ligne sur la base des dix questions les plus fréquemment posées concernant la navigation et la recherche, et édition de guides pratiques (1) synthétisant et réorganisant les ressources autour d’un thème ayant le vent en poupe, en sont d’autres exemples. Essai réussi puisque les quelque sept mille exemplaires du dernier guide se sont vendus en deux mois. Si un référencement très efficace donne aux différents sites du réseau une visibilité satisfaisante sur internet, la visibilité commerciale reste à améliorer : « Tenant à rester en marge des circuits commerciaux classiques, nous tentons malgré tout de nouvelles expériences. Par exemple, nous testons cette année la vente des guides sur Amazon », confie la jeune responsable communication et publications. Les sites web, en cohérence avec les valeurs partagées au sein du réseau, reposent sur de l’open source. L’outil de gestion de contenu utilisé est Spip, messagerie et liste de diffusion ont été développées en partenariat avec Globenet, « association militante, au service de la liberté d’expression, proposant des services internet ». Au regard de tous ces éléments, comment faire encore rimer engagement associatif et solidaire avec amateurisme ? « Subventionnés par le ministère des Affaires étrangères, illustre Myriam Merlant, nous nourrissons une grande exigence de professionnalisme. Nous venons d’ailleurs d’être audités par un cabinet indépendant qui a consacré trois mois à définir précisément les activités du réseau ainsi que le rôle de chacun de ses membres ». La complexité du fonctionnement en réseau demeure un élément irréductible de Ritimo, comme en témoigne la jeune femme se remémorant dans un sourire ses débuts « au cours desquels il m’a bien fallu six mois pour identifier clairement qui fait quoi ! » (1) Au nombre de quatre, Partir pour être solidaire, Altermondialiste, moi ?, Vacances, j’oublie tout et Le don, une solution ?, ils sont disponibles sur Ritimo.org et dans les magasins Artisans du monde, notamment.repèresRitimo en brefLa naissance de Ritimo en 1985 est le fruit de la réunion au sein d’un réseau des centres de documentation consacrés au tiers-monde éparpillés sur le territoire français. Ritimo (Réseau d’information et de documentation pour le développement durable et la solidarité internationale) c’est :
Ritimo, c’est aussi un réseau de 70 centres de documentation relais dans toute la France, fédérés autour d’une charte commune et rassemblant plus de 400 personnes, près de 14 000 visiteurs uniques par mois en 2007 sur les sites web, plus de 85 000 ouvrages recensés, 400 revues, près de 7 000 fiches expériences, une sélection d’articles... Ritimo, enfin, développe des partenariats avec de nombreux acteurs – la FPH (Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l’Homme), Artisans du monde, Ligue des droits de l’Homme... –, soutient des campagnes, participe à des plates-formes et collectifs parmi lesquels le Crid (Centre de recherche et d’information pour le développement), Educasol (Plate-forme française d’éducation au développement et à la solidarité internationale) ainsi que le collectif Éthique sur l’étiquette, qui vise à faire respecter le droit des travailleurs dans le monde. |



« Ritimo, c’est ici ! ». Scotché parmi un patchwork de posters encourageant le commerce équitable ou annonçant la prochaine rencontre des cinémas d’Amérique latine, un modeste écriteau sur la façade nous confirme qu’au détour d’une petite rue de Ménilmontant se tient le siège du Réseau de solidarité internationale. La preuve, s’il en était besoin, du manque de moyens propre au monde associatif et altermondialiste ? Pas du tout. Si ce loft aménagé dans un ancien atelier – modeste mais accueillant et coloré – ne paye pas de mine, c’est qu’il s’agit de la tête de pont d’un réseau. Ritimo n’est pas un centre de documentation physique. Ce qui ne l’empêche pas, et même lui permet, d’offrir à un public à la fois occidental et issu du tiers-monde un faisceau unique de ressources documentaires [voir ci-dessous "Ritimo en bref" ]. Au-delà de la fracture numérique, Ritimo semble faire du web le nouveau paradigme de l’altermondialisme et de la solidarité Nord-Sud.