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Accueil Archimag > magazines > Archimag n°221 > Bruno Fulgini : « aller au-delà d'une exploitation confidentielle des archives »


DR - Bruno Fulgini - cliquez pour agrandir

« aller au-delà d’une exploitation confidentielle des archives »

propos recueillis par bruno texier
archimag - février 2009

L’édition de l’ouvrage "Dans les secrets de la police" est un formidable exemple de valorisation des archives. Rencontre avec Bruno Fulgini, qui en a assuré la direction scientifique.

L’ouvrage que vous avez coordonné propose près de 800 documents d’archives. Pourtant, vous n’êtes pas archiviste. Qu’est-ce qui vous a amené à diriger cet ouvrage d’archives ?

Pour préparer mes livres précédents, j’ai commencé à fréquenter les archives de la Préfecture de police. J’ai progressivement découvert à quel point ces archives étaient riches et à quel point la surveillance policière s’est exercée d’une façon très large. J’ai trouvé des dossiers de police sur Victor Hugo, Verlaine, Léon Blum, Jean Jaurès… En consultant les registres, je me suis rendu compte qu’il existait des dossiers sur tout le monde : hommes politiques, diplomates, écrivains, artistes… bien au delà du monde de la prostitution et du crime. Ce qui, au début, n’était qu’une curiosité personnelle est devenu un projet éditorial avec la maison d’édition L’ Iconoclaste qui s’est spécialisée dans les ouvrages fondés sur les documents d’archive et les manuscrits.

La Préfecture de police dispose d’archives sensibles. Avez-vous pu y accéder facilement ?

Ces archives sont certes sensibles, mais notre ouvrage d’histoire balaie les quatre derniers siècles et nous n’avons pas rencontré de difficulté majeure jusqu’aux années 1950 environ. Pour les archives relatives à la seconde guerre mondiale, nous avons bénéficié de dérogations y compris de dérogations générales. La difficulté de ce genre d’ouvrage tient moins à la communication des archives qu’à la difficulté de s’orienter dans une masse extrêmement considérable de documents. Il y a huit kilomètres d’archives linéaire à la Préfecture de police…

Existe-t-il une archivistique policière à part entière ?

Pendant longtemps, la police a constitué des dossiers d’archives à titre préventif – les dossiers bleus – qui n’étaient jamais communiqués à la justice. Ces dossiers étaient destinés au préfet de police. Par ailleurs, la police constituait d’autres dossiers à la suite d’affaires criminelles qu’elle mettait à disposition de la justice.

Que trouve-t-on dans les archives de la police ?

On y trouve une grande variété de documents car un dossier de police suit un personnage pendant toute sa vie et parfois au-delà de sa mort quand les obsèques ou sa tombe deviennent un lieu de célébration militante. Cela va des coupures de presse aux lettres de dénonciation, aux télégrammes, aux rapports de synthèse, jusqu’aux petits mots provenant d’informateurs connus des policiers…On y trouve également des objets qui, pour l’essentiel, sont exposés au Musée de la police à Paris.

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