il y a près d’un an, Yannick Le Briquer, PDG d’Anakeen, éditeur de solutions de gestion de contenu open source, déclarait au salon Documation que « toute information est document. Le fichier n’est jamais qu’une métadonnée parmi d’autres au sein du document ». Prophétie à long terme ? Point du tout, simple constat concernant CMIS. Une norme qui se traduit par des Api [application programming interface], c’est-à -dire des interfaces de programmation, développées par les trois géants du monde de la gestion de contenu propriétaire, IBM, Microsoft et EMC-Documentum. Rejoints peu de temps après par la quasi totalité des autres acteurs du marché – Alfresco, Opentext, Oracle, Nuxeo… – au sein du consortium de normalisation Oasis, ils ont donné naissance à la version 0.5 de la spécification au début de l’automne 2008.
Yannick Le Briquer précise que « CMIS offrira un véritable standard et permettra de proposer l’ensemble des informations pertinentes aux utilisateurs sans qu’ils aient à se soucier de leur origine ». Dans le standard CMIS, les utilisateurs peuvent appeler, via des interfaces web, des services de gestion documentaire indépendamment du référentiel utilisé pour stocker et gérer les documents. La diffusion de CMIS permet de développer des applications métier à moindre coût. Présente à chacune de ses étapes, la gestion de contenu constitue un élément stratégique de la chaîne de traitement du document – création, acquisition, stockage et diffusion. Son intéropérabilité bénéficie, selon des modalités différentes, à chacun de ses acteurs. « Les développeurs, explique Michael Harlaut, ingénieur système chez Alfresco, n’auront pas à réécrire tout ou une partie de leur application pour l’adapter à chaque solution ECM. Au lieu des nombreux connecteurs du passé, on offrira une interface CMIS ». Les responsables informatiques pourront de leur côté gérer et consolider leurs données sans être condamnés à jurer fidélité à un seul éditeur. Éditeurs qui ne sont pas exclus de ce cercle vertueux de l’intéropérabilité, puisqu’ainsi que le glisse dans un sourire l’ingénieur d’Alfresco, « ils ont bien compris que verrouiller un système n’est plus une approche cohérente pour développer un marché ». C’est bien pour cela que CMIS est né pour répondre au besoin de Microsoft, IBM et Oracle de connecter leur portail à un maximum de plates formes documentaires.