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information financière, un secteur très solvable

patrick brébion
archimag - mars 2009

Internationalisation des échanges, crise économique, demande des professionnels : tout concourt à doper les entreprises oeuvrant dans le domaine de l’information financière.

« les défaillances d’entreprises ont augmenté de 15 % en 2008 », selon une étude de l’assureur crédit Euler Hermes SFAC, filiale des AGF. De quoi justifier une question brûlante qui ressort souvent ces derniers temps dans les relations inter entreprises. « Mon client a-t-il la capacité financière de me payer ? », résume Frank Lemoine, directeur commercial de Pouey International, société spécialisée dans la gestion des risques clients, comprendre le recouvrement mais aussi la fourniture d’informations et d’analyses concernant la santé économique et financière des entreprises. À la base de toute information portant sur la solvabilité, on trouve bien sûr le bilan financier. Son dépôt annuel en deux exemplaires au tribunal de commerce est une obligation réglementaire pour une bonne partie des entreprises françaises. L’un de ces exemplaires sera publié par Infogreffe, structure transversale pour tous les tribunaux de commerce locaux. « L’information publiée reste brute. Elle n’est assortie d’aucune analyse ni d’aucun commentaire conformément à la mission des greffes », précise Alain Hemmadi, chargé d’assistance clientèle chez Infogreffe. Le deuxième exemplaire est envoyé à l’Institut national de la propriété industrielle. Ce dernier a la possibilité de le commercialiser. Infogreffe garde la prérogative de publier les extraits de K-bis, cartes d’identité des entreprises, et le fichier des privilèges et nantissements. Des données qui indiquent les gages pris sur les actifs des sociétés, par exemple par l’Ursaaf (Union de recouvrement pour la Sécurité sociale et les Allocations familiales) dans le cas d’un défaut de paiement. Repris par de nombreux sites, notamment de presse, comme Lesechos.fr, les bilans servent surtout à alimenter les bases de données pour les spécialistes, tels Coface et Altares. Ces derniers fournissent des accès en ligne aux données, en accompagnant les chiffres fournis de notations évaluant, par exemple, le risque de défaillance de l’entreprise dans un délai donné. Les notations proposées sont le résultat d’algorithmes mathématiques appliqués aux bilans et rarement le fruit d’analyses humaines.
Les acteurs ont largement étendu la gamme de services offerts. Coface Services, filiale de la société éponyme, propose une large gamme de produits de notation et d’information sur les entreprises. Dans cette gamme, l’un des derniers produits, baptisé Pack Rating 2, propose, outre les biographies des dirigeants et autres renseignements habituels, des avis de commissaires aux comptes, des indicateurs de comportements de paiement et des documents numérisés.

informations hors bilan

« Le bilan n’est pas le seul moyen d’obtenir des informations », affirme Frank Lemoine, de Pouey International. Celui-ci estime que seule une partie des entreprises publie leur bilan, soit entre 700 000 et 800 000 sur plusieurs millions en activité. Une réalité pondérée par les chiffres d’Infogreffe. 850 000 entreprises ont déposé leurs comptes pour l’exercice 2007 sur un million de sociétés commerciales tenues de le faire, soit toutes les sociétés par action, les SARL et EURL et certaines catégories de sociétés en nom collectif. « La tendance à ne pas publier s’est atténuée, constate Alain Hemmadi d’Infogreffe; des relances généralisées auprès des sociétés réfractaires expliquent cette remontée du nombre de bilans publiés ».
Dépôt légal des bilans ou non, la transmission de documents financiers entre entreprises est une réalité. « Il arrive que les collaborateurs chargés d’évaluer les risques financiers demandent ses états financiers au client dans le cadre de relations suivies. Et ce, même si le client en question n’a pas produit son bilan au greffe », remarque Jean-Louis David, secrétaire général de l’Association des credit managers [voir encadré]. Autre faiblesse de l’information financière délivrée par les bases de données enligne : une garantie de fraîcheur pas toujours irréprochable. « Ces métiers ont été fortement industrialisés. Les bases de données en ligne ne sont pas exemptes de coquilles liées à la rapidité de circulation de l’information », constate Jean-Louis David. Qui regrette également que la consolidation du marché ait débouché sur un petit nombre de grands acteurs, principalement Altares et Coface. Conséquence, « l’innovation s’en ressent. On pourrait imaginer des nouveaux produits, des cotations de balances, des photographies graphiques de portefeuille, etc. L’offre du marché était plus dynamique il y a quelques années », illustre notre expert.

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