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edito

avalanche

michel remize
archimag - avril 2009

avec internet, l’image animée fait sa deuxième révolution. La première a eu lieu avec l’explosion de la télévision. Les quadras et leurs aînés ont vu débarquer dans les foyers le petit écran, avec une seule chaîne en noir et blanc, et ont vécu son formidable développement, jusqu’à rendre l’image omniprésente. Aujourd’hui, celle-ci ne pâtit pas du temps passé sur internet, désormais concurrent de celui consacré à la télévision. Au contraire, le réseau semble lui donner une nouvelle vigueur. Peut-être parce que les natifs du web ont la particularité d’être aussi des natifs de l’image, leur activité, voire leur activisme sur le web passe beaucoup par la vidéo. Il suffit de peu de moyens ; un certain amateurisme est –encore – toléré. Combien de buzz doivent leur succès au fait de reposer sur des vidéos ? Ils jouent sur le caractère ludique :« Tiens, je m’arrête deux minutes dans mon travail pour regarder le lien vidéo qui m’a été transmis par un ami ou un collègue, c’est de l’image et du son, ça va me distraire ». Merci Youtube. Cela pourrait rester sans plus guère de conséquences si l’on s’en tenait à ce côté ludique. Il y avait le poids des mots, le choc des photos ; il y a maintenant, continuons dans la surenchère, l’avalanche dela vidéo. D’abord illustration d’une information textuelle, la vidéo devient l’information. Bien au-delà du domaine des loisirs, le monde professionnel s’en empare. La vidéo occupe les sites web de presse, mais pas uniquement, elle apparaît sur les sites des associations, des entreprises et autres organismes pour présenter l’institution elle-même, les produits ou services, les actualités, etc. Côté métier, documentalistes et veilleurs, bibliothécaires et archivistes regardent la vidéo comme un objet certes spécifique par son format et la technologie nécessaire à sa manipulation, mais à traiter de la même façon que tout autre document. Ils ne s’en saisissent pas davantage. Pourtant, les premiers révolutionnaires ne tarderont pas à se montrer, en diffusant la vidéo de leur revue de presse, une séquence d’actualité sur la concurrence, le film de leurs dernières acquisitions ou de leur prochaine exposition. Après tout, quoi de plus naturel, les métiers de l’infodoc ne sont-ils pas des métiers de communication? Allez-y, ce n’est pas demain que l’on nous accusera d’en faire trop.

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