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DR - Marc Maisonneuve, Tosca Consultants

« un Opac qui se contente de gérer l’offre physique ne suffit plus »

propos rcueillis par bruno texier
archimag - mai 2009

La société de conseil Tosca Consultants a réalisé en janvier 2009 une étude sur l’équipement logiciel des bibliothèques en France. Interview avec Marc Maisonneuve, son cofondateur.

 Archimag : quelles sont les tendances du marché des logiciels métier destinés aux bibliothèques ?

Marc Maisonneuve : grâce à nos enquêtes, nous détectons plusieurs tendances que l’on peut résumer ainsi :

  • Baisse du marché en valeur : - 7 %.
  • Forte progression de la diffusion des logiciels open source, libres ou gratuits : + 75 % en 2007, 1 projet sur 3 pour 2008.
  • Concentration du marché : 13 sociétés sur les 56 recensées réalisent désormais les quatre cinquièmes du chiffre d’affaires total, et cela n’est pas fini. Décalog vient de racheter RII Diffusion. D’autres achats, concernant de grosses structures, sont en cours.
  • Développement de la commercialisation de solutions en mode hébergé, notamment pour les Opac de nouvelle génération
  • Poursuite du passage des progiciels en architecture web intégrral. Ils sont 1 sur 4 actuellement.
  • Vieillissement des systèmes de gestion de bibliothèque avec renouvellement des outils de front-office – Opac de nouvelle génération, portail… – qui s’appuient de plus en plus sur des composants open source, tels Lucene, Solr, Drupal et Joomla.

La demande s’oriente-t-elle vers des applications web 2.0 ?

Les bibliothèques de lecture publique sont confrontées à deux évolutions inquiétantes : la régression de la fonction de prêt et l’érosion des publics inscrits. L’une des analyses possibles de cette situation est le décalage de l’offre des bibliothèques et des attentes des nouvelles générations : pas assez de documents numériques en ligne, peu de documents numériques directement accessibles à domicile… Les applications web 2.0 peuvent apporter plusieurs éléments de réponse à cette situation : d’une part, elles permettent la mise en valeur de l’offre de ressources en ligne et sont le support d’une offre de services personnalisés. Deux points susceptibles d’intéresser les natifs numériques. D’autre part, elles incitent les usagers à s’inscrire pour obtenir des services d’information sélective ou pour laisser des commentaires divers. Ainsi, elles permettent de mieux connaître les usagers distants, de qualifier leurs pratiques, leurs attentes. Cela permettra aux bibliothèques d’améliorer progressivement leur offre de services auprès de ces jeunes générations.

Les outils web 2.0 peuvent-ils trouver des applications pertinentes au sein des bibliothèques?

 Il y a, de mon point de vue, un véritable besoin pour des applications web 2.0 en lecture publique. Y a-t-il pour autant une demande des bibliothèques en la matière ?
Si l’on en juge par la relative rareté de l’offre de ressources numériques dans les bibliothèques, il est possible d’en douter. Comme cette offre de ressources en ligne est essentielle pour répondre aux attentes des jeunes usagers, à quoi servirait-il d’acquérir, par un exemple, un Opac de nouvelle génération qui se contenterait d’organiser l’accès à une offre de documents sur support physique ? Si l’outil peut contribuer à modifier l’image de la bibliothèque – ce qui n’est tout de même pas à négliger -, ce n'est pas lui qui peut, sur la durée, donner une raison de fréquenter une bibliothèque de lecture publique.

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