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DR - Demco pense aux enfants..

médiathèques : s'équiper pour être bien dans ses meubles

guillaume nuttin
archimag - mai 2009

Si les concepts de bibliothèque numérique et de bibliothèque 2.0 font florès, il n’en reste pas moins que la médiathèque est d’abord un lieu physique, tributaire de l’aménagement de son espace et de son ameublement. Afin de vous guider dans vos réflexions et vos choix, Archimag vous propose quelques pistes et met un peu de lumière sur le plétorique marché du mobilier de bibliothèque.

« allez comprendre pourquoi certains enfants, pas forcément des tout-petits, n’aiment rien tant que déplacer les petites banquettes vert anis de la bibliothèque. Malgré la présence tentatrice de merveilleux livres conçus pour eux et choisis soigneusement par la bibliothécaire pour éveiller leur intérêt, ils préférent remuer, aligner, pousser les canapés miniatures ! ». Relevé dans le blog de la bibliothèque municipale de Saint-Michel-de- Maurienne (Savoie), cette remarque pragmatique permet de saisir à sa juste valeur l’importance primordiale du mobilier au sein des médiathèques. Il n’en constitue certes pas l’essence, mais ce qu’on appelle un « détail qui compte », à plus forte raison en cette époque de marketing documentaire et de mise en valeur des collections. Le prochain congrès de l’ABF avec des ateliers tels que « Projets architecturaux pour les bibliothèques » ou « Rénovation et nouvelle organisation des espaces » confirme la prégnance d’une réflexion sur le mobilier et l’aménagement de l’espace.


DR - Marcal propose des gammes très complètes de produits signalétiques, y compris en braille.

signalétique

Dispositif représentant graphiquement des informations permettant de se situer ou de situer une information, la signalétique joue un rôle bien plus déterminant que ce qu’on pourrait penser puisqu’elle tisse le lien entre bâtiment et sa fonction de médiation de l’information. Se présentant sous la forme de plaques informatives, totems, pictogrammes, étiquettes..., la signalétique est significative des enjeux concernant l’ensemble du mobilier de bibliothèque, à savoir la quête d’un juste milieu. Trop discrète, elle s’avère inefficace, trop imposante elle est préjudiciable à la lisibilité de l’espace. Trop pérenne, elle devient vite obsolète, trop volatile, elle perd son crédit. Secteur peu concurrentiel pour l’offre dédiée aux médiathèques – l’offre générique du marché est incomparablement plus dense –, il est essentiellement animé en France par le constructeur Marcal, qui a notamment été choisi pour le site François-Mitterrand de la BNF.


DR - les rayonnages d'USM

rayonnages et étagères

À l’inverse, les constructeurs de rayonnages et étagères de bibliothèques, plus nombreux, se livrent une furieuse concurrence. S’ils présentent tous des caractéristiques adaptées aux exigences des médiathèques – c’est-à-dire appropriées à des supports et de formats multiples, chacun d’eux décline ses gammes de produits selon le design et les matériaux, eux-même proposés en différentes apparences. On peut ainsi citer les gammes Reflet (verre dépoli et teinté), Eclipse (bois) et Couros (métal et bois) pour BRM, Softline (bois et acier) et Cantilibra (métal) pour Demco, ou encore Xorune (bois et métal) ou Orcéa (métal) pour Materic D’autres constructeurs tablent sur une spécialisation ou une offre spécifique afin de se distinguer. C’est le cas d’USM et de son choix de la modularité « avec un assemblage de boules en laiton chromé, de tubes en acier chromé et d’éléments d’habillage pleins et perforés », ainsi que le détaille le concept du constructeur. Bruynzeel, venu du monde du mobilier de bureau, met en avant ses solutions de stockage mobile à commande électronique (gamme Compactus Electro) tandis que Tixit propose une ligne de produits consacrée aux charges volumineuses de faible densité (série T400). Schlappmobel, pour sa part, témoigne d’une vaste palette de couleurs pour ses rayonnages. Enfin, certains fabricants se distinguent nettement, tel Mobilwood, dont l’activité principale se situe certes davantage dans les commerces que dans les bibliothèques : il joue la carte de l’écologie et propose une offre en bois massif.


DR - le mobilier de BRM, entre modularité et couleur

mobilier

Dans des médiathèques apportant sans cesse plus d’attention à leurs usagers, ainsi qu’aux animations et expositions, le mobilier doit permettre la rencontre et l’échange, bref l’activité de ce que la bibliothéconomie anglo-saxonne désigne sous le terme de community center. Tables, chaises et fauteuils, mais aussi panneaux d’exposition et présentoirs sont proposés par les constructeurs. Ceux-ci n’oublient pas les enfants – ni leur attrait pour « les canapés miniatures » – et offrent créativité et aspect ludique du mobilier pour les salles jeunesse.

pour en savoir plus


DR - automate de prêt équipé de la technologie RFID de 3M

le RFID, intelligent mais pas trop

« Cela fait un peu plus de deux ans et demi que notre SIGB Carthame intègre la technologie RFID ». Didier Pied, directeur commercial de Decalog le confirme, la radio-identification (radio frequency identification), a bel et bien pénétré le petit monde des bibliothèques. Méthode d’identification à distance via des étiquettes intégrées à un objet lui permettant de recevoir et de répondre à des requêtes, cette technologie utilisée dans les transports en commun, par exemple, bien avant de l’être par les médiathèques, est commercialisée en France par trois principaux acteurs : 3M, Intellident, et Nedap. Principalement utilisée dans les portiques de détection, via des étiquettes souples ou rigides intégrées aux documents, dans les cartes des lecteurs ou encore dans les platines d’emprunt – successeur des « douchettes » à codes-barres –, « le RFID optimise le paradigme de l’automate de prêt », estime Éric Robert, gérant de l’éditeur PMB qui a l’a intégré dans ses solutions depuis plus d’un an : « il permet également aux gens d’emprunter discrètement ». Concrètement, on constate trois niveaux d’intégration au sein des médiathèques.
Le premier, minimal, ne permet de traiter les documents qu’un par un, à la manière d’un lecteur de codes-barres, la lecture à distance en plus.
Le second, explique Didier Pied, correspond au protocole Sip2, « standard de fait, mais à l’origine une création de 3M. Il présente l’avantage d’un traitement par lots, mais est déconnecté du SIGB, reliant la platine RFID à une base de données distincte. Il permet de gérer très correctement des automates de prêt mais ne prend en compte que quelques-unes des informations de base ».
Enfin, le troisième niveau, le plus abouti, intègre complètement et nativement la radiofréquence indépendamment des interfaces utilisateurs, replaçant en toute logique l’expertise métier aux mains des professionnels des bibliothèques via le SIGB, plutôt qu’entre celles des constructeurs de technologies RFID. Toujours est-il que la RFID n’a pas fini de se développer, ou plutôt de se perfectionner. Les pistes d’amélioration résident principalement dans une efficacité laissant parfois à désirer, en raison notamment des problèmes de conflits avec d’autres ondes de radiofréquence. Les perspectives d’avenir ne manquent pas, même si, pour le dirigeant de Decalog, « les étagères intelligentes qui permettent un récolement automatisé et à la volée, relèvent encore du fantasme »

pour en savoir plus

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