une congrégation religieuse dépose ses archives au département
xavier laubie, conservateur aux AD Côte-d'Armor
archimag - juin 2009
À Lannion, le monastère Sainte-Anne vient
de déposer l’ensemble de ses fonds aux archives départementales des Côtes-d’Armor. Un dépôt d’un intérêt historique
évident.
en 2008, une congrégation religieuse décide de déposer sa mémoire écrite, intacte depuis sa fondation en 1667, aux archives départementales des Côtes-d’Armor. Le fonds des archives du Monastère Sainte-Anne à Lannion, d’une valeur notable, a été transféré aux archives départementales en juin 2008 dans le cadre d’un contrat de dépôt signé le 22 septembre 2008. La procédure du dépôt reste souvent valable comme première étape d’un processus d’entrée de fonds privé dans un service d’archives public. Elle donne lieu à la rédaction d’un contrat de dépôt – simple acte sous seing privé – mais le dépôt est également la seule forme n’entraînant pas de transfert de propriété au bénéfice de la personne publique concernée. Il se défini comme « un acte par lequel on reçoit la chose d’autrui, à la charge de la garder et de la restituer en nature » (art. 1915 du code civil). Le propriétaire privé conserve juridiquement intacts ses titres de propriété. Le service qui reçoit le dépôt est tenu d’apporter « dans la garde de la chose déposée, les mêmes soins qu’il apporte dans la garde des choses qui lui appartiennent » (art. 1927 du code civil). Le contrat de dépôt précise, conformément à la loi du 15 juillet 2008 sur les archives, les délais de communicabilité de certains documents – délais de 100 ans pour les annales et de 50 ans pour certains registres.
les raisons du transfert
Les archives des congrégations religieuses ont le statut d’archives privées. Elles sont, en principe, conservées au sein même de l’institution religieuse qui en assure le classement, la préservation et la protection à des fins à la fois juridiques et historiques. Mais la réalité d’aujourd’hui devient difficile. Le vieillissement des congrégations conduit certaines institutions religieuses à fermer leur porte. Les bâtiments, souvent imposants et importants, sont alors récupérés ou vendus par la collectivité dans le cadre d’une négociation et d’une réhabilitation des lieux pour en créer parfois des espaces culturels. L’une des préoccupations des communautés religieuses porte alors sur le sort de leurs archives. Dans le souci de pérenniser leur mémoire, elles sont transférées et confiées auprès d’une autre maison qui dépend de la même congrégation. Cette procédure de transfert est cependant de moins en moins possible compte tenu de la diminution progressive des communautés religieuses dans le département. Les Augustines de Lannion se trouvent ainsi confrontées à cette situation. Leur départ de Lannion pour rejoindre la Communauté religieuse Sainte Thérèse de Gouarec pose notamment le problème du devenir de leurs archives, dont les plus anciennes traces écrites remontent à 1667. Après une longue réflexion et conseil auprès de généralat de la congrégation, la décision de confier le fonds des archives du monastère aux archives départementales est prise. La mémoire de la congrégation est désormais préservée, protégée et communicable selon les clauses du contrat de dépôt qui en définit les règles d’accès.
les origines de la congrégation
C’est en l’an 1664 que Monsieur de Bouvens, gouverneur de la Ville de Lannion et Messieurs de Kergariou et de Trorozec, gouverneurs de l’Hôtel-Dieu songent à faire appel aux Religieuses hospitalières de saint Augustin. Ils s’adressent alors à la communauté de Quimper. La négociation s’engage et dure près de trois années. L’obédience est enfin obtenue et signée le 23 janvier 1667 par le révérendissime coadjuteur de Cornouaille, Monseigneur François de Coëtlogon et par la supérieure des Augustines de Quimper, la révérende Mère de la Présentation. Les religieuses désignées pour le nouvel établissement sont : Françoise Corentine de Kerméno, dite de la Mère de Dieu, Catherine Sauvagean, dite de la sainte Vierge, Marie Le Lay, dite de saint François d’Assise, Marie-Anne Vaz, dite de sainte Agnès, et Renée Le Gonz de Trorozec. Après un voyage de cinq jours, les religieuses arrivent à Lannion. Elles sont mises en possession de l’Hôtel-Dieu le 9 février 1667 avec toutes les cérémonies usitées pour l’établissement d’un monastère. Depuis cette année de 1667, la Communauté de Sainte-Anne dessert l’Hôpital-Hospice de Lannion. Joseph Corentin de Kerméno, sieur de Plivern, cousin de la révérende Mère supérieure se charge de la fondation en assurant au monastère une rente.
repères
carte d'identité des archives des Augustines de Lannion
Provenance monastère Sainte-Anne à Lannion
Dates extrêmes 1667-1998
Importance matérielle 14 ml
Nature privé
Cote 171 J
Nombre d’articles 136
Mode d’entrée aux AD contrat de dépôt du 22 septembre 2008
Lieu de conservation archives départementales des Côtes-d’Armor, à Saint-Brieuc
Accès répertoire numérique détaillé 171 J
Communicabilité quelques documents non communicables, consulter les clauses du contrat de dépôt
Contenu plan de classement, six axes :
- L’histoire du monastère de la fondation au XXe siècle : actes de fondation et de transaction, lettres de confirmation de l’établissement (1675), lettres patentes.
- La gestion des bâtiments et de la chapelle (1671-1998) La comptabilité et les finances (1865-1978)
- La vie communautaire et spirituelle (1665-1980)
- L’hôpital (1667-1981)
- Les pièces annexes
Particularité l’histoire de la communauté est très liée à l’histoire de la ville de Lannion, tout particulièrement en ce qui concerne l’histoire de l’hôpital, celui-ci étant à l’origine de la venue de la congrégation à Lannion
Origine appel des échevins et des bourgeois de la ville de Lannion en 1667 auprès de la communauté des Augustines de Quimper pour la venue à Lannion de cinq Soeurs Augustines hospitalières et la tenue de l’hôpital de la ville. Fondatrice de la congrégation de Lannion Mère Françoise Corentine de Kerméno Mission fondatrice de l’ordre des Augustines le soin des pauvres et des malades Consultation aux heures d’ouverture de la salle de lecture, 8 h 30-17 h 15 du lundi au vendredi.
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