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© Barros

Enjeux

Pourquoi l’archivage externalisé a le vent en poupe

Par Bruno Texier
Archimag - juillet-août 2009

Société générale d’archives, Locarchives ou Everial, les prestataires de l’archivage français, loin de pâtir du climat morose ambiant, se font une santé de fer en proposant aux entreprises, administrations et institutions culturelles des solutions externes compétitives et juridiquement peu contraignantes. Enquête sur une success story.

 

L’affaire a fait couler beaucoup d’encre au mois de décembre 2008. La banque BNP Paribas a dû reconnaître sa responsabilité dans la destruction de dizaines de cartons d’archives, dont certains contenaient des pièces rares très recherchées par les historiens.  

Un comble pour un établissement qui s’était dotée, en 1994, d’un organisme idoine (l’association pour l’histoire de BNP Paribas) et qui déclare « utiliser le patrimoine comme vecteur de réflexion et de communication interne et externe ».  

Pour sa défense, BNP Paribas a plaidé l’erreur et annoncé une révision de ses procédures archivistiques. Ce cas de maltraitance archivistique n’est pas isolé.  

La maltraitance archivistique, courante et coûteuse

  

D’autres entreprises ou institutions, en raison d’une mauvaise gestion de leurs fonds, l’ont payé au prix fort : Enron, Clearstream, le Crédit lyonnais… Qu’il soit dû à une erreur involontaire ou à la malveillance, le mauvais traitement archivistique finit toujours par coûter cher.

L’université catholique de Louvain (Belgique) a récemment organisé un colloque consacré aux différentes maltraitances archivistiques : falsifications, instrumentalisations, censures, divulgations... Cette manifestation a permis de constater que tous les milieux étaient touchés : administrations, entreprises privées, Etats, professions libérales, institutions culturelles…  

Une aubaine pour les tiers archiveurs

  

Ces incidents à répétition ressembleraient presque à une aubaine pour les prestataires en archivage qui voient leur chiffre d’affaires croître avec une belle régularité. L’externalisation séduit de plus en plus d’entreprises qui y voient un moyen de réduire certains coûts, en particulier le budget alloué au parc immobilier. Avec un prix du mètre carré très élevé dans certaines villes, elles y ont vu un argument de poids pour confier la gestion de leurs archives à des professionnels.  

Ajoutons-y un environnement juridique toujours plus contraignant : loi Sarbannes-Oxley sur la transparence financière en 2002, loi sur la sécurité financière en 2003, accord de Bâle II sur les établissements bancaires en 2004… Autant d’arguments qui donnent le sourire aux tiers archiveurs, l’une des rares professions à tirer leur épingle du jeu, alors que l’économie est officiellement entrée en récession.  

 

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