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Accueil Archimag > magazines > Archimag n°226 > Gaumont et Pathé présentent : le XXe siècle star de la Toile


Le site Gaumont Pathé Achives, alliance de la marguerite et du coq. DR

Numérisation

Gaumont et Pathé offrent un premier rôle aux actus cinématographiques du XXe siècle sur la Toile

Par Patrick Brébion
Archimag - juillet-août 2009

Toutes les images d’actualité projetées par Pathé et Gaumont entre 1895 et les années 1960 sont désormais réunies en ligne au format numérique. Zoom sur un fonds hors du commun présenté sur une interface particulièrement bien pensée.

 

Daladier signant les accords de Munich, en 1938, ou Tchang Kaï-Chek inspectant ses troupes… La majeure partie de l’actualité cinématographique française du XXe siècle est proposée aux professionnels sur le site Gaumont Pathé Archives. Des milliers d’heures de vidéos, autour de 7 000 à ce jour et 14 000 à terme, ont été numérisées et mises en ligne, notamment dans le but de faciliter la sélection et le visionnage des séquences que les professionnels veulent intégrer dans leurs films.  

Les images remontent aux premières actualités projetées dans les salles obscures, dés 1895, et vont jusqu’aux années 1960. La richesse de ce fonds, « même s’il n’est pas comparable à ce lui de l’Institut national audiovisuel Â», pondère Manuela Padoan, directrice de la société Gaumont Pathé Archives, tient à l’histoire remuante de Pathé et de Gaumont.

 


© Barros

L’union fait la force

 

Après avoir lancé les premières actualités chacune de leur côté, les sociétés Pathé et Gaumont s’associent une première fois en 1927 pour produire le Pathé Gaumont Métro Actualités. Après quelques décennies agitées, les deux entités décident de réunir les catalogues de la cinémathèque Gaumont et de Pathé Archives, et créent une société dédiée.

L’ossature du fonds est constituée d’actualités cinématographiques dont les actualités Eclair-Journal. Il inclut des chutes ou des actualités montées mais qui n’ont jamais été diffusées. 17 000 documentaires provenant d’autres fonds privés complètent l’offre.  

« Outre la sauvegarde de ces fonds, l’objectif était également de commercialiser des droits d’utilisation des images Â», rappelle Manuela Padoan. Une démarche qui s’inscrit dans la continuité. « Pathé avait commencé la mise en ligne de vidéos dès les années 2000 Â», ajoute la directrice de Gaumont Pathé Archives.  

Pas ou peu de droits d’auteur

  

La commercialisation des fonds est facilitée par la quasi-absence de droits d’auteurs. « Le problème des droits sur les images se pose rarement, confirme Manuela Padoan. Les droits d’auteurs ne s’appliquent pas sur les actualités. Et, de par leur ancienneté, cette question se pose rarement pour les documentaires, en dehors de demandes de quelques ayants droits. »

Outre la vente de droits d’utilisation de ces images, la société exerce également une activité de production de documentaires, en général sur commande. « Ce fut le cas pour le centenaire du salon du Bourget Â», se souvient Manuela Padoan. Les vidéos sont commercialisées à la minute pour des tarifs variant de quelques centaines à plus de 2 000 euros selon les acheteurs ou le type de diffusion. La société est rentable : aux dires de la directrice, 500 factures par mois sont émises.  

La VHS détrônée par le numérique

  

Gaumont Pathé Archives propose depuis sa création tous les services : recherche, sélection des séquences, choix du format et du support... Les étapes de sélection peuvent être réalisées directement sur le site ou avec l’aide d’un documentaliste. Démarrée en 2008, la numérisation de toutes les vidéos a pour but d’étendre les possibilités du site grâce à l’évolution des technologies.  

Si à ce jour, la plupart des clients continuent à commander les images sur des VHS et autres cassettes, un part croissante d’entre eux téléchargent. « Le projet a notamment pour but de répondre à ces nouveaux usages et, à terme, d’autoriser la livraison en ligne de l’ensemble du catalogue Â», rappelle Manuela Padoan.  

Innovant : le découpage en « unités documentaires Â»

  

Accessible seulement aux professionnels identifiés pour les vidéos, le site recense quelque 4 500 utilisateurs, « soit la quasi-totalité de la profession Â», souligne la directrice. Ces utilisateurs sont souvent des documentalistes représentant la plupart des télévisions, des sociétés de production et des collectivités. La partie du site ouverte au grand public autorise l’internaute à se faire une idée à partir des imagettes des vidéos.  

Les possibilités du site ne s’arrêtent pas à la seule mise en ligne de vidéos. Le découpage des films, actualités ou documentaires, en unités documentaires facilite recherche et sélection d’extraits. « Un fichier correspond à une unité documentaire Â», précise David Clémenceau, gérant d’Opsomaï, le principal prestataire en charge du projet.  

L’internaute sélectionne les thèmes à partir des méta-données, les visionne en ligne et sélectionne les « times codes Â» (indicateurs temporels). Il dispose de fonctions avancées, comme le défilement image par image, pour faire son choix. Une fois les extraits sélectionnés, ils sont ajoutés au panier. L’application les convertit alors au format Digital Vidéo et inclut l’ensemble dans un projet Final Cut Pro. Ce dernier est téléchargeable ou livrable sur support magnétique. La conversion en DV reste nécessaire pour autoriser le client à monter les images choisies dans son documentaire.   

Un logiciel pour recréer le story-board

  

Le plus gros du travail n’est pas la numérisation, « la maturité des technologies et des logiciels permet d’automatiser en grande partie cette étape Â», précise David Clémenceau, d’Opsomai, mais dans la préparation, voire la restauration des supports. Et ce, d’autant plus que ces supports sont anciens. « Certains sont sur encore en nitrate Â», appuie Manuela Padoan, ce qui suppose un traitement particulier.  

Pour la plupart des supports, la numérisation est précédée d’un passage du 35 mm à la vidéo. « Globalement, après la première étape, un fichier correspond à une bobine qui correspond elle même à un journal Â», détaille David Clémenceau. La numérisation est aussi l’occasion d’uniformiser les formats de visionnage des fonds, différents suivant l’origine, Pathé ou Gaumont Â». Une fois convertis en mpg2, les fichiers sont passés en mpg4 avec l’insertion de logos différents suivant le fond d’origine : « Le coq pour Pathé, la marguerite pour Gaumont Â», souligne David Clémenceau. Reste à ajouter le time code.  

Mais l’étape de numérisation ne s’arrête pas là. Basé sur des algorithmes, un logiciel est chargé de détecter les changements de plans. Il s’agit de recréer le story-board. «Une étape de validation manuelle demeure nécessaire Â», précise David Clémenceau. Autant de fichiers que de séquences sont créés. Les méta-données sont ensuite ajoutées à chaque séquence.  

Une recherche sémantique très avancée

  

Pour faciliter les recherches, la nouvelle version du site a été dotée de possibilités étendues par un moteur d’indexation et de recherche sémantique. Autre motivation, « les fonds de Pathé et de Gaumont, avaient été indexés différemment. Quelques méta-données les différenciaient Â», rappelle Manuela Padoan. Qui désirait en outre que les possibilités de recherche prennent en charge les flexions (déclinaison grammaticales du même concept) des mots des requêtes.  

Pour répondre à ces besoins, l’indexation des méta-données a été mise en Å“uvre par le moteur de recherche sémantique, de Sinequa. Ce dernier extrait les entités nommées (noms de personnes, lieux géographiques, etc.), et les présente dans un pavé de navigation associés au résultats de la recherche. Un pavé qui à l’avantage de suggérer de nouveaux angles de recherche à l’internaute. Par exemple, « on va rebondir sur un voyage commun avec Clémenceau et Pétain dans les années 1930 à partir d’une question sur une seule des deux personnalités Â», illustre David Clémenceau.

L’application autorise également l’ajout de différentes formulations ou de façon d’orthographier un JFK ou un Hô Chi Minh, afin d’éviter le « silence Â» dans les résultats des requêtes. « Cela a pour résultat de normaliser le pavé, l’ensemble des méta-données», ajoute David Clémenceau.

L’accès au thesaurus reste paramétrable par l’utilisateur et ne nécessite pas l’intervention de technicien. Et une fonction de test permet de tester les modifications apportées dans ce dernier. « Quelques uns de nos clients passent déjà exclusivement par le site pour la sélection comme pour le téléchargement des fichiers Â», conclut Manuela Padoan. 

   

Casting technique

  • Les fichiers sont numérisées au format mpg2 et mpg4.
  • Les données sont stockées sur un Nas (Network Appliance Storage) de 40 To de marque Dell.
  • Côté logiciel, une base open-source MySQL gère les données.
  • Edité par Opsomai, le logiciel Opsys prend en charge les étapes de numérisation en mpg2, d’ajout de logos, de détections de séquences, d’ajout de méta-données, de création de fichiers et de stockage.

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Jean-Michel Nomdedeu, cofondateur de Videoforever, une société spécialisée la numérisation grand public. DR

Eclairage

Souvenirs forever

Numériser les films d’enfance de M. Toulemonde ou le patrimoine vidéo des entreprises est un marché porteur. Exemple avec Videoforever.

 

La numérisation de la vidéo se banalise. A côté des acteurs historiques du domaine, notamment la société Eclair, spécialisée dans tous les traitements liés au cinéma, d’autres sociétés se sont créés pour répondre à un besoin simple. Tout le monde tient à ses vieilles diapositives ou à des films d’enfance tournés sur Super 8. Une bonne raison pour numériser ces images.  

Répondre à « des besoins plus simples Â»

 

Plus récemment, les entreprises ont également commencé à se soucier de leur patrimoine d’images vidéos. Tous les types de d’entreprises et de vidéos sont concernés : Â« Les spots publicitaires de "Culture Pub", les réalisations de Total, l’histoire de la ville pour la mairie d’Orly ou encore les archives de l’institut national du sport (l’Insep) Â», illustre Jean-Michel Nomdedeu, cofondateur de Videoforever, une société qui entend profiter de l’émergence de ce marché pour se développer. Et Jean-Michel Nomdedeu de préciser : « Nous répondons à des besoins plus simples que les acteurs historiques comme Eclair. Par exemple, nous n’assurons pas la restauration des bandes. Â»

Jouer la carte de l'industrialisation

 

Autre facteur pour garantir prix et délais, Videoforever joue la carte de l’industrialisation. Localisé à Chalons-sur-Saône dans une ancien site de Kodak, les ateliers de numérisation occupent à 1 000 mètres carrés. Â« Outre la numérisation, nous assurons le stockage et la mise en ligne à partir d’un datacenter sécurisé. Des logiciels développés en interne automatisent partiellement un bon nombre d’étapes. Le centre fonctionne en 3 x 8 Â», décrit Jean Michel Nomdedeu.

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