Rencontre« Il est vital pour toute entreprise d’identifier ses savoirs, ses compétences et ses connaissances »Propos recueillis par Patrick Brébion
Archimag - juillet-août 2009 Thierry Menard est responsable du knowledge management à Bureau Veritas, une société de services spécialisée dans l’évaluation de la conformité. Il revient sur cette fonction mal identifiée mais ô combien indispensable pour muter vers l'entreprise 2.0.
Archimag : La fonction de responsable du knowledge management (ou knowledge management manager) est assez récente. Depuis quand l’occupez-vous ? Et que recouvre-t-elle ? Thierry Menard : En 1999, j’étais responsable de la coordination de la sécurité et de protection de la santé sur les chantiers de construction ». A l’époque, Bureau Veritas venait de fusionner avec CEP. Une fusion qui imposait bien sûr de mettre en commun les connaissances des différentes structures. Un pari difficile de par les différences de culture entre ces structures. Manager la connaissance avait notamment pour but de faciliter l’intégration. L’objectif initial de ma mission a consisté à mettre en ligne une base de connaissances et de compétences partagées. L’année suivante, le périmètre a été étendu à d’autres domaines, comme le contrôle des constructions l’acoustique, etc. D’abord en France, puis sur le monde entier. Depuis cette époque, en quoi a consisté l’essentiel votre fonction ? La facette la plus visible consiste à mettre en place et à faire vivre des communautés de pratiques. Mais la gestion des connaissances ne s’arrête pas à la vie de ces groupes. Faire circuler la connaissance de l’entreprise suppose de la faire circuler entre tous les collaborateurs de l’entreprise, de la conduire vers les hommes et, inversement, de faciliter et d’organiser les contributions. La fonction de responsable du knowledge management recouvre toutes ces facettes. Même si dans la perception habituelle des collaborateurs, elle se résume souvent à animer des communautés. Une tâche qui n’est presque jamais son travail, mais vient s’ajouter à sa fonction première. Le rôle d’un gestionnaire de la connaissance est beaucoup plus large. C’est à dire ? Il s’agit d’organiser tout le capital intellectuel d’une entreprise. L’analogie avec les composants d’un ordinateur fonctionne assez bien pour décrire ce capital informationnel. Une partie des informations peuvent être affectée à la mémoire de masse (disque dur), des informations vivantes bien que peu utilisées. La mémoire morte stocke les fondamentaux. Et la mémoire vive recouvre tous les flux en mouvement. Pour lire la suite de l'interview... |



KM. Deux initiales que Thierry Menard connaît bien. Depuis dix ans, il est responsable du knowledge management Ã