Après la crise financière, entretenue par les médias, c’est désormais la grippe H1N1 qui truste – tiens, tiens – les manchettes des journaux, les widgets d’actualités et autres panoramas de presse. À l’heure du web territoire du marketing viral, faut-il s’étonner de cette infection galopante ? Une crise chassant l’autre, il s’agissait de trouver plus effrayant que le spectre de la récession. La peur viscérale de la contagion et de la maladie, pardon de la pandémie, a rempli son office. De la même façon qu’il fallait la guerre du Golfe pour s’extraire de la sinistrose du début des années 1990, il fallait la grippe A pour mettre un terme à la crise : « Ce qu’il nous faut, c’est une bonne petite pandémie! ». Pandémie nécessitant de chacun une irréprochable attitude prophylactique, mise en abîme de notre société aseptisée. Étymologiquement, le terme crise désigne une prise de décision. Entre la peste et le choléra, on ne choisit pas, il n’y a en revanche pas photo entre dépression financière et grippe A. Ce billet a été réalisé après application soigneuse de gel désinfectant sur les mains et le clavier.