Médias et Sociétés
Depuis une vingtaine d’années, cet ouvrage fait office de référence dans le domaine des médias. Francis Balle, professeur à l’université de Paris 2 et ancien membre du CSA, y décrit les relations complexes que les médias – presse, radio, télévision, cinéma… – entretiennent avec la société. Cette quatorzième édition a été mise à jour à la lumière de la révolution numérique et de l’émergence du web comme média interactif.
L’auteur précise que de « nouvelles lignes de front » sont apparues : déréglementation, âpreté de la concurrence, redéfinition de la propriété intellectuelle, nouvelles pratiques dans la production de contenus… En sociologue des médias, Francis Balle propose une lecture critique de l’influence de la presse sur les individus et fait appel aux travaux de Gustave Le Bon, Marshall McLuhan et Régis Debray.
À ses yeux, « le monde change de direction en même temps que les médias »
Bibliothèques et écritures, d'Ascii à Unicode
Mondialisation oblige, les bibliothèques vont être amenées à gérer de plus en plus de textes écrits à l’aide d’alphabets divers : latin et ses multiples dérivations, bien sûr, mais également arabe, cyrillique, japonais, sans oublier les idéogrammes chinois, entre autres. Pendant longtemps, la saisie de données fut effectuée à l’aide de la norme Ascii qui n’était capable de reconnaître que l’alphabet latin. Depuis 1989, le consortium Unicode travaille à l’amélioration des systèmes d’écriture informatique. L’avènement de la norme Unicode permet, à ce jour, de coder plus de 100 000 caractères, soit l’essentiel des langues écrites.
Yves Desrichard passe en revue les multiples conséquences de cet enrichissement pour les SIGB utilisés par les bibliothèques et propose quelques conseils pour s’y adapter. On appréciera, au passage, un intéressant chapitre consacré à l’histoire de l’écriture et une présentation des principaux alphabets utilisés dans le monde.
Les archives de Tiananmen
Vingt ans après la répression sanglante des manifestations étudiantes de la place Tiananmen, de nombreuses interrogations planent encore sur le déroulement des événements. Combien de personnes ont-elles été tuées ou emprisonnées ? Quels étaient les objectifs des manifestants ? Le pouvoir chinois était-il divisé quant à l’attitude à adopter face aux manifestants ? Cet ouvrage propose pour la première fois la reproduction de documents originaux provenant du parti communiste : minutes des conversations entre les dirigeants, extraits de rapports militaires, bulletins issus de la presse officielle chinoise… Ces archives montrent, selon l’auteur de la traduction française Jean- Philippe Béjà , « à quel point le régime qui règne en République populaire de Chine est archaïque ». Reste une interrogation : comment des documents aussi sensibles ont-ils pu sortir des archives chinoises ? Selon l’éditeur, ce sont des réformateurs chinois qui ont fait le choix de publier à l’étranger « des documents qui ne sont accessibles qu’à une poignée de personnes en Chine ».
L'archiviste, constructeur, gardien et communicateur. Mélanges en hommage à Jacques Grimard 1947-2007
Décédé en 2007, Jacques Grimard demeure un des plus acteurs les plus efficients de l’archivistique québécoise, à laquelle il a consacré sa vie. Après une première partie biographique, l’action internationale de Jacques Grimard est abordée, suivie de chapitres consacrés au métier d’archiviste ainsi qu’aux archives elles-mêmes, sous le prisme d’enjeux historiques, culturels et institutionnelles, sans occulter l’aspect numérique. Enfin, c’est autour de l’aspect fonctionnel et organisationnel via les questions de la gestion et de l’évaluation d’un service d’archives que sont rassemblés les textes d’une dernière partie. Précise et rigoureuse, cette mine d’informations et de réflexions sur la spécificité canadienne en archivistique bénéficie d’une mise en page claire avec chapitrage, résumé et annexes lui permettant de présenter un aspect pratique qu’il ne dégage pas au premier abord.