Facebook en bibliothèqueFacebook et compagnie pour la communication des bibliothèquesarchimag - février 2010 À l’heure où les établissements culturels commencent à se bousculer sur le web, utiliser les réseaux sociaux afin de renforcer cette présence, mais aussi d’affiner la proximité avec leurs usagers est une idée qui fait son chemin pour les bibliothèques. Archimag vous guide en cinq étapes.
Fin juin 2009, l’hommage en vidéo – et en rythme – à Michael Jackson posté sur Youtube par la médiathèque de Limoges fait le tour du web et fournit en quelques jours une renommée inouïe à l’établissement de lecture publique . Dans le même temps, la communication de nombre de médiathèques françaises se compose encore pour l’essentiel d’affichettes, de dépliants et de bulletins mensuels. 1 - agir avant même de se lancer dans l’aventureAvant de se lancer à corps perdu dans cet « outil de micro-information entre le futile et l’utile », tel que Florence Bianchi du BBF qualifie judicieusement Facebook, les médiathèques ont plusieurs moyens de ménager un réseau avec leurs usagers et de dynamiser ainsi leur communication. Premier d’entre eux, observer ses usagers et être à leur écoute via, par exemple, l’examen régulier des questions posées et la création de sondages. Passer par le site web de l’institution constitue également un biais d’action efficace. Faire évoluer le site vers un web participatif, en conviant des contributeurs de différents niveaux, voire même ouvrir un accès permettant aux internautes – à la manière d’Everitouthèque, le blog de la médiathèque du pays de Romans – de critiquer les ouvrages du fonds et de les recommander, est une démarche fructueuse en terme de communication. Un module d’identification « mon compte » permettant à chacun de gérer ses abonnements aux fils RSS, à la lettre d’information ainsi qu’aux alertes de manifestations peut compléter efficacement la démarche. 2 - définir en amont sa stratégie de communicationLa première chose est de construire une vision commune à l’équipe de l’établissement des objectifs à atteindre, puis de cultiver une attention particulière tout au long du projet afin de préserver l’adhésion et l’investissement de chacun. Intégrer cette réflexion à un dispositif plus global de communication en lien avec les autorités de tutelle est alors plus que souhaitable. S’ouvrir aux usagers peut à un premier niveau passer par des sites de partage : de photos et vidéos – Flickr et Dailymotion, par exemple –, de présentations – tel Slideshare… Au-delà , souhaite-t-on communiquer sur les fonds ? S’agit-il surtout d’une aide au référencement pour les autres supports numériques, blogs, site web officiel… ? Est-ce pour y faire figurer uniquement des informations pratiques – horaires d’ouverture, expositions… – ou un contenu spécifique ? Dans ce cas, il convient de définir au préalable la ligne éditoriale avec rubriques et sujets récurrents, rythmes de publication, distribution des rôles, etc. Dans tous les cas, prendre garde à ménager l’interactivité et donner une place au multimédia relève du bon sens. Une fois seulement ces questions résolues, le déploiement de l’outil de réseau social peut commencer dans les meilleures conditions et sous les meilleurs auspices. 3 - connaître les subtilités de l’outilIl convient de bien avoir à l’esprit les particularités des réseaux sociaux. Facebook fonctionne comme un écosystème clos, à la différence d’un blog, avec ses propres règles et ses propres interfaces, ce qui requiert une réelle acculturation. Il en est de même pour Twitter, d’où la nécessité d’avoir connaissance de leurs subtilités et de leurs codes, tacites ou non. Facebook présente en outre un aspect peu contrôlable. La BPI en fait quotidiennement l’expérience en constatant l’éclosion de groupes qui veulent savoir « qui est Marcel », luttent « contre la queue » ou « passent leurs vacances à la BPI ». Première étape et première subtilité dès la création du compte : le profil est personnel et la page est davantage destinée à une personne morale, donc une institution… La bibliothèque pourra ainsi avoir des « fans » plutôt que se faire des « amis ». 4 - penser médiation numériqueToujours est-il que ces réseaux sociaux peuvent constituer un biais de médiation numérique efficient. Utiliser Facebook en bibliothèque apparaît même comme une démarche absolue de médiation puisque l’établissement, loin d’imposer son outil, va vers l’usager par le biais de l’outil qu’il utilise déjà et pour d’autres usages. La question à se poser est alors à quel niveau faire porter cette médiation ? Celui de l’institution – présenter l’équipe… – s’avère limité. Celui des contenus offre en revanche bien plus d’intérêt, permettant de diffuser les produits documentaires – photos, articles, nouvelles acquisitions, guide du lecteur… – et de ménager l’interactivité tout en promouvant le fonds – la création sur le compte Facebook d’un établissement d’un « groupe de fans » des romans graphiques ou des polars scandinaves irait dans ce sens. 5 - avoir quelque chose à dire… et savoir le direDans un fonctionnement en réseau, à l’inverse d’un mode de communication institutionnel, le désordre l’emporte sur l’ordre, le spontané sur le planifié. Bref, le risque de déluge informationnel, ou à l’inverse de contenu trop rare, guette. Le réseau social en lui-même n’est qu’un support, il convient donc d’éviter l’effet « coquille vide ». Et à ce niveau, la culture générale et littéraire des bibliothécaires peut se révéler d’un grand secours. Disposer de compétences rédactionnelles, c’est-à -dire être capable de rédiger un article utilisant toutes les ressources de l’écriture multimédia mêlant texte, vidéo, photo, musique… est plus que souhaitable. Savoir animer un forum ou une communauté virtuelle également.
repèrestwitter en bibliothèque : pourquoi et comment en quelques tweets1. Promouvoir la bibliothèque en mettant en avant ses services et événements.
Un grand merci à Xavier Galaup, Olivier Ertzscheid, Lionel Dujol, Silvère Mercier, Johann Brun et Thomas Chaimbault pour leur aide et leur témoignage. |



